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LES CADORS

Un film de Julien Guetta

Une complicité disparue en route...

Travaillent sur le port industriel de Cherbourg, Antoine trempe dans des magouilles dirigées par le chef du syndicat des dockers. Lors du décès de son père, son frère Christian, célibataire au chômage, porté sur l’alcool et la bagarre, débarque, faisant un esclandre, puis pissant sur la tombe de celui qu’il considérait comme « le diable ». Hébergé quelques temps chez Antoine contre l’avis de sa femme Alex, Christian va devoir aider celui-ci à transporter en bateau une « marchandise », pour le compte du chef…

Les Cadors film movie

Quelques scènes suffisent pour introduire le fossé entre deux frères très différents, l’un en apparence rangé, avec femme et enfants (Antoine, interprété par Grégoire Ludig, plutôt convaincant), mais embarqué dans quelques affaires de trafic plutôt louches, l’autre borderline et resté un peu adolescent (Christian, joué par Jean-Paul Rouve, qui cabotine un peu), un peu collant mais toujours prêt à aider. Le duo fonctionne au départ plutôt bien, faisant malheureusement quasiment abstraction du personnage féminin (Alex, la femme d’Antoine, qu’incarne avec aplomb la trop rare Marie Gillain), qui reviendra pour quelques jolies scènes sur le tard. Et une tonalité de comédie plutôt plaisante viendra se mêler à l’intrigue « mafieuse » qui se noue.

Malheureusement, la fluctuation entre les genres, la gestion maladroite des flash-back sur leur jeunesse complice, à la fois appuyés et guidant le spectateur vers un dénouement trop prévisible, achèveront de faire de ces "Cadors" (leur surnom lorsqu’ils étaient jeunes) une comédie-dramatique laborieuse et déséquilibrée. On a de plus bien du mal à croire au personnage de teigneux interprété par Michel Blanc, dont le sort au final achève de décrédibiliser un scénario qui se rêve à la fois tendu (la scène de torture, les menaces diverses…) et porté sur la réconciliation et un esprit « feel good » autour de la complicité potentiellement retrouvée. On reste donc clairement sur sa faim.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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