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LES BLAGUES DE TOTO

Un film de Pascal Bourdiaux

Efficace mais sans originalité

Le petit Toto est le roi de son école grâce à son humour insolent. Mais il va se retrouver accusé d’avoir ruiné la journée d’inauguration du musée du puissant entrepreneur immobilier local (également patron de son père), qui exigera alors de ses parents son placement dans un pensionnat…

Toto est moins le roi des blagues que de l’esprit corrosif. Il est plus insolent que potache. Ce n’est pas un gamin lourdingue, roi des 400 coups, qui impressionne trois copains à la ramasse, mais plutôt un esprit un peu trop mature pour son âge. Armé de son humour pince-sans-rire et de son arrogance, il fait preuve d’une telle assurance qu’il est naturellement devenu la star de sa classe, celui dont les filles tombent amoureuses. Ici le rebelle est encensé et l’intello est rejeté, ce qui poussera ce dernier à trouver une combine pour se rapprocher du premier afin d’apprendre à devenir drôle lui aussi.

Malheureusement on nage pour l’essentiel en plein cliché, autant au niveau de l’intrigue que des personnages. Tout est là : le couple divorcé, la famille recomposée, les professeurs déprimés, les parents dépassés, les élèves bourgeois modèles, le papy rigolo et complice, le pirate internet local… Tout cela est du déjà-vu et revu. Sans parler du méchant chef d’entreprise qui devient l’ennemi général. Rien de nouveau, que du recyclé de comédie pour enfant des années 2000, ce qui nous fait bien ressentir qu’il s’agit d’un projet commercial artificiel qui se contente de reprendre des vieilles recettes qui ont fait leur preuve au box-office. Il ne faudra pas non plus s’attendre à être surpris par la conclusion de l’intrigue dont les rebondissements sont assez prévisibles.

Ce projet ne peut donc pas soulever l’enthousiasme. Pour autant, si l’originalité est absente, ce n’est pas un naufrage. Le film est plutôt bien troussé, sans temps mort, il va droit au but en étant rythmé. Il est parfois très drôle et remplit parfaitement son contrat à l’adresse des enfants qui seront probablement très satisfaits, comme en témoignent les rires en salle. Il est également émaillé de plusieurs bonnes idées comme les séquences durant lesquelles les parents de Toto visitent plusieurs pensionnats dont chacun représente une conception différente de la pédagogie (on sera d’ailleurs surpris par une référence inattendue à "Full Metal Jacket" pour représenter la sévérité). Mais aussi des répliques savoureuses, en particulier celles dédiées aux deux élèves premiers de la classe (qui enchainent des tirades soutenues et alambiquées en décalage avec leur âge), ou de certains parents (« Mais qu’est-ce qui ne va pas, tu n’as lu que trois livres cette semaine ! »). Pas de fausse note non plus parmi les acteurs, petits et grands, qui sont pour la plupart parfaitement adaptés à leur rôle.

Les familles y trouveront donc leur compte, mais l’amateur attentif de comédies repassera.

David ChappatEnvoyer un message au rédacteur

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