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LEFT-HANDED GIRL

Un film de Shih-Ching Tsou

Le bouleversant portrait d’une famille pas comme les autres

Synopsis du film

Une mère célibataire s’installe à Taipei avec ses deux filles, I-Ann, jeune adulte, et I-Jing, encore petite. Alors que la mère ouvre un stand de restauration au marché de nuit, I-Ann travaille dans un petit magasin et entame une liaison avec le propriétaire, marié. I-Jing, elle, doit trouver ses marques dans sa nouvelle école…

Critique du film LEFT-HANDED GIRL

C’est notamment au sein d’un marché nocturne de la capitale taïwanaise, aux mille couleurs chaudes, que se situe une partie de l’action de "Left-Handed Girl", autour de la petite cantine que tente de faire vivre la mère, où la petite I-Jing la rejoint régulièrement, sympathisant au passage avec les commerçants voisins. Récit des difficultés financières de cette mère célibataire, pour laquelle les relations avec la famille ne sont pas aisées, le scénario (cosigné par la réalisatrice avec Sean Baker, dont elle a été la productrice sur plusieurs longs métrages) s’engage avec délicatesse sur une piste inattendue, autour de cette petite fille, gauchère, persuadée suite à un accident, que sa main gauche porte malheur, et singeant alors de vouloir couper cette "main du diable".

Abordant ainsi des sujets graves à hauteur d’enfant, "Left-Handed Girl" privilégie au départ les moments de complicité entre sœurs (le concours de crachats des bulles de bubble-tea sur le frigo…) voire les jeux solitaires de la petite (chorégraphies improvisées dans sa chambre, adoption d’un petit suricate qu’elle nomme GooGoo…), avant de dériver sur des préoccupations plus adultes. Scrutant le fonctionnement d’une famille pas comme les autres, le film étonne autant qu’il touche par quelques moments de grâce ou de compassion (la grand mère qui parle de « la main de Dieu » à la petite, angoissée, la grande sœur qui emmène la petite dans un trip d’expiation plutôt bienveillant…). Malgré les drames qui couvent, à force de secrets, explosant dans un climax final aussi terrassant qu'involontairement comique, on ressort du film, Prix Fondation Gan à la Diffusion lors de la 64e Semaine de la Critique de Cannes, à l’image de la dernière scène au marché : apaisé, et désireux de retrouver du lien.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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