Parce qu'on en a jamais assez !

LE ROI LION

Un film de Jon Favreau

Le cycle éternel... qui se répète aussi au cinéma !

Simba est un lionceau qui régnera un jour sur la Terre des lions. Mufasa, l’actuel roi, lui apprend les rudiments de ses prochaines missions et lui ouvre les yeux sur le monde et la vie qui l’entourent. Mais un autre lion aimerait régner en maître, l’oncle de Simba qui prépare en cachette un funeste destin au roi Mufasa…

Le Roi Lion 2019 film animation 3D image

"Le Roi Lion", sorti en 1994, a été l'un des plus beaux films de Disney, connaissant un succès retentissant à travers le monde. Devenu culte, il eut quelques suites jamais sorties au cinéma et une adaptation en comédie musicale qui se joue encore à Broadway, Londres, Madrid… Alors que Disney semble avoir trouvé un nouveau filon pour bourrer ses caisses en adaptant ses dessins animés en films live, il fallait s'attendre à voir débarquer nos amis de la savane sur grand écran. Et c'est avec un long métrage entièrement réalisé en images de synthèse que Jon Favreau, qui avait habilement su s'emparer de l'histoire de Mowgli ("Le livre de la jungle"), a pris les commandes de ce chantier hors norme. Qu'allait donc donner ce nouveau "Roi Lion" digitalisé ?

Pour ceux qui n'ont jamais vu le dessin animé au cinéma, ce qui n'est pas mon cas, découvrir ce chef-d'œuvre dans cette nouvelle version sur grand écran doit être une expérience de toute beauté. En effet, les plans sont somptueux, les paysages sont grandioses, et on en prend déjà plein les yeux dans cette cultissime scène d'introduction de présentation de Simba aux autres animaux de la Terre des lions. Tous sont d'un réalisme à couper le souffle. C'était d'ailleurs ici un sacré défi à relever pour le studio : réaliser un film en 3D réaliste, crédible, en n'oubliant jamais que l'on reste dans un monde imaginaire, avec des animaux qui parlent ! Une réflexion que l'on se fait durant les premières scènes, puis que l'on oublie assez rapidement !

Tout ici fonctionne parfaitement, tout est magique. Normal, plus le film avance, plus on se dit qu'ils ont vraiment adapté le dessin animé scène par scène, dialogue par dialogue ! C'est d’ailleurs le principal reproche que l'on pourrait faire à cette version du "Roi Lion" de notre enfance ! Pour peu qu'on connaisse bien la version de 94, il y a peu de surprises. Parmi elles, trois sont cependant tout à fait notables : la perte d'une hyène stupide qui ne pipait mot mais qui faisait beaucoup rire (dommage) ; l’arrivée de nouveaux animaux, compagnons de Timon et Pumba dans leur paradis exotique, qui ajoutent quelques touches humoristiques (bienvenues) ; et surtout cette touffe de poils qui n'apparaissait pas dans l'original et qui va traverser le continent jusqu'au vieux singe, dans une sublime mise en scène (magique).

Le "Roi Lion 2019" est sans conteste une réussite visuelle, le pari de passer de la 2D à la 3D est tenu haut la main. L'histoire est respectée à la lettre, les thèmes développés sont bien sûr tous là, aucune des chansons n'est oubliée, on est presque face à la copie conforme du film original. Il manque quand même une prise de risque, une scène nouvelle, peut être l'ajout des musiques africaines qui faisaient de la comédie musicale de Broadway une œuvre à part et originale. Favreau se calque « abusivement » sur le scénario et les dialogues du dessin animé. Lui aurait-on reproché trop de prises de liberté ? Le choix évident a été la fidélité au grand film d'animation qui est au fil des ans devenu le « Roi » des dessins animés ! On sort enchanté et ébloui par cette magnifique version, parce qu'elle est belle, parce qu'elle émeut, parce qu'elle tient d'un film déjà extraordinaire ! Un peu comme lorsque Gus Van Sant avait mis en boîte l'adaptation couleur de "Psycho" en se calquant plan pour plan sur la version originale du film d'Hitchcock. Il en résultait une grande œuvre mais un film sans grande originalité. Favreau réussit aussi une grande œuvre dont on n'oubliera pas de rappeler la paternité aux réalisateurs Rob Minkoff et Roger Allers et scénaristes Irene Mecchi, Jonathan Roberts et Linda Woolverton.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

En version française :

En version originale sous-titrée :

Laisser un commentaire