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LE ROI DES ROIS

Un film de Jang Seong-ho

La vie de Jésus illustrée de façon scolaire dans une 3D de piètre qualité

Synopsis du film

Alors que son père, l’écrivain Charles Dickens, donne une lecture de son « Conte de Noël » dans un théâtre, Walter s’introduit sur scène avec son chat. Poussé par sa femme, Charles décide de lui raconter une autre histoire, dont il vient d’écrire le manuscrit : le « Roi des rois », relatant la vie de Jésus. Mais l’enfant n’est pas facile à captiver, ne rêvant que de magie et de chevaliers…

Critique du film LE ROI DES ROIS

C’est donc une adaptation du roman de Dickens, "La Vie de notre Seigneur Jésus-Christ", qu'il rédigea pour ses propres enfants, qui se retrouve mise en image à l’approche de Noël, par un réalisateur coréen, sous forme de film d’animation s’adressant aux enfants, avec un casting voix américain à faire pâlir Disney, Pixar, Dreamworks et bien d’autres. Mais que penser de l’utilisation par Dickens père, du mensonge et de la fourberie pour convaincre son chérubin de s’intéresser à ce conte là en particulier, lui qui n’a d’yeux que pour le Roi Arthur, son épée et ses combats ? Car si le film ne souffre que peu de remarques sur le fond de l'intrigue, c’est bien sur la forme que son caractère évangélisateur est critiquable, de la roublardise du père pour forcer Walter à écouter, aux réactions appuyées liées au principe d’insertion progressive du père et du fils comme témoins voire participants de l’histoire, et surtout dans la soudaine révélation qui fait courir le mioche partout, soudainement heureux de répandre la bonne parole à qui veut l’entendre.

Coté animation c’est en tous cas le service minimal, avec les expressions de visages figées, les coiffures raides comme d’horribles mises en plies, et les scènes de foules qui manquent profondément de fluidité (les spectateurs qui applaudissent au ralenti et dodelinent doucement de la tête au théâtre, les passants qui se meuvent avec pénibilité…). Heureusement l'utilisation de la lumière est sans doute le point fort visuellement de certaines scènes. Produit qui déroule ce récit déjà mille fois exploité sans grande originalité ni souffle, "Le Roi des Rois" tente comme de nombreux film d’animation, la carte du personnage secondaire trognon, avec le chat de Walter, plus maladroit qu'amusant, mais insiste un peu trop sur ses propres objectifs et son propre message : le pardon et l'écoute d'autrui. Reste une alternative au catéchisme, certes illustrée mais terriblement scolaire, qui risque bien de faire bailler plus d'un marmot auquel il est censé être destiné.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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