LE RÊVE AMÉRICAIN
L'Amérique, ils la voulaient et ils l'ont eu
Synopsis du film
Bouna et Jeremy ont une passion commune pour le basket. De cette passion va naître un rêve, celui de devenir agent de basketteur et d’emmener des joueurs jusqu’en NBA. Pour cela ils vont devoir faire leur preuve dans un milieu ultra select et compétitif, dans lequel leur meilleur atout sera leur amitié indéfectible…
Critique du film LE RÊVE AMÉRICAIN
Ce film est inspiré de l’histoire vraie de Bouna Ndiaye et Jeremy Medjana dont le parcours constitue à la fois une belle success story et une grande histoire d’amitié comme le cinéma les aime. Tous les éléments étaient déjà présents, il ne manquait plus que le talent d’Anthony Marciano ("Play", "Envole-moi") pour mettre l'histoire en scène ainsi que deux brillants comédiens (déjà réunis pour "Pourquoi tu souris ?") pour camper l'inséparable duo. Jean-Pascal Zadi est fidèle à lui-même, toujours aussi attachant avec ce mélange de détermination et de maladresse qui caractérisait déjà son personnage dans "Tout simplement noir". Tandis que Raphaël Quenard est plus en retenue qu'à son habitude, gagnant certainement en justesse et en crédibilité.
Si certains choix de narration sont discutables, notamment la place de la famille au milieu de ce rêve qui vampirise l'énergie des protagonistes, sujet amené maladroitement et sur le tard (on découvre l'existence de la compagne de Bouna au milieu du film, alors que celle-ci est sur le point d'accoucher). On appréciera qu'Anthony Marciano ne se contente pas d'une morale simpliste sur le fait de croire en son rêve en dépit des difficultés. L'envie, aussi grande soit-elle, ne mène à rien sans une stratégie adéquate. C'est ce que nous montre le portrait de deux hommes qui ont souvent dû se remettre en question avant de réaliser leur rêve.
Alors que les deux apprentis agents de joueurs viennent tout juste d'obtenir leur licence, ils se mettent en tête de recruter la star montante du basket français, Tony Parker (nous sommes alors au début des années 2000). Sûr de lui, Bouna convainc Jeremy par une image saugrenue dont il a le secret : « Il faut bien bouffer la glace avant le cornet ». Face au refus poli de l'entourage du joueur qui met en lumière l'impréparation des deux compères, c'est à Jeremy de rétorquer « Bon bah je crois qu'on va bouffer le cornet ». Mais la perspective de démarrer tout en bas de l'échelle entame à peine l'admirable enthousiasme de deux passionnés qu'on prend un réel plaisir à suivre.
Éminemment optimiste sans être naïf, "Le rêve américain" est un film qui fait du bien. Une véritable bouffée d'air dans un climat morose où les rêveurs ont perdu de leur crédibilité. Et la manière y est aussi, avec un soin particulier apporté à la mise en scène des matchs de basket, souligné par une superbe bande son. Les amateurs de hip-hop des années 90 (culture basket oblige) apprécieront, tout comme les amoureux du sport en lui-même face à ce défilé de grands noms, Mickaël Gélabale, Nicolas Batum, Victor Wembanyama. Mais qu'on soit fan de basket ou non, on vous promet quand même deux heures de plaisir.
Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur
