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LE RETOUR DU PROJECTIONNISTE

Un film de Orkhan Aghazadeh

Cinéphilie et transmission

Synopsis du film

Dans un village montagnard d’Azerbaïdjan, Samir, un vieux réparatateur de téléviseurs, exhume un projecteur 35mm et entreprend de réorganiser des séances de cinéma pour la population locale. Un adolescent passionné de cinéma, Ayaz, va l’aider à surmonter les obstacles…

Le Retour du projectionniste film documentaire documentary movie

Critique du film LE RETOUR DU PROJECTIONNISTE

Y a-t-il plus belle déclaration d’amour pour le cinéma qu’un documentaire parvenant à parler de cinéphilie au sein d’un village reculé dans un pays peu connu pour sa production nationale de films ? La réponse est évidemment dans la question. Il est plus que probable qu’en lisant ces lignes, vous ne puissiez citer ni le titre d’un film azéri, ni une localité autre que la capitale de ce pays. C’est pourtant bien dans cet espace inattendu que le réalisateur (lui-même azéri mais dont le film est une coproduction franco-allemande) dépeint avec brio ce que peut être la soif de cinéma.

À une époque où les cinémas indépendants ont déjà du mal à exister dans les pays développés, qui plus est en zone rurale, le projet fou d’organiser de nouveau des projections dans un village d’Azerbaïdjan relève de l’utopie. Et c’est ce qui est doublement cinéphile dans ce film magnifique : si le cinéma est une usine à rêves, cet art a besoin de doux rêveurs pour exister, et ce vieux projectionniste azéri en fait partie !

Mais ce documentaire ne se limite pas à montrer que ce défi est un parcours du combattant (ce qu’il fait déjà avec brio). "Le Retour du projectionniste" parle aussi, avec pudeur et sensibilité, de deuil et de transmission, car le vieil homme n’est pas seul dans sa démarche : il est aidé par un jeune tout aussi fan de 7e Art et dont l’enthousiasme se double d’une soif créative (il crée des séquences animées avec les moyens du bord et cherche notamment, avec minutie, à enregistrer des sons pour le bruitage de ses réalisations). Entre solidarité et amitié intergénérationnelle, c’est presque un rapport père-fils qui se noue entre les deux protagonistes. Tant pour les rapports humains que pour leur envie de cinéma communicative, ce film apporte une lueur d’espoir, loin des affres d’un monde contemporain dominé par la superficialité et le repli sur soi.

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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