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LE MYSTÉRIEUX REGARD DU FLAMANT ROSE

Un film de Diego Cespedes

Les Méduses du désert

Synopsis du film

Lidia est une petite fille qui grandit au sein d’un cabaret en plein cœur du désert chilien. Subitement, une mystérieuse maladie commence à se propager. La rumeur affirme qu’elle se transmettrait par un simple regard. La communauté devient alors le centre de tous les fantasmes et craintes collectifs. Lidia va devoir défendre les siens…

Critique du film LE MYSTÉRIEUX REGARD DU FLAMANT ROSE

Dès son titre, on sentait que "Le Mystérieux regard du flamant rose" ne serait pas une œuvre comme les autres. Rien d’étonnant pour Diego Cespedes, dont les deux précédents courts portaient déjà des noms atypiques : "Les Créatures qui fondent au soleil" et "L’Été du lion électrique". Mais ce qui est plus déroutant et inhabituel, c’est de voir un cinéaste prendre autant de risques sur un premier long, détournant l’imagerie du western au profit d’un conte queer fantasmagorique. Nous sommes dans un désert au Nord du Chili, où la poussière vient s’abattre inlassablement sur les cailloux abandonnés. Dans ce décor aride, brille pourtant un lieu haut en couleurs, un cabaret flamboyant où les personnes transgenres côtoient des êtres sexuellement libres, où chacun peut se sentir en sécurité.

Mais cette communauté, que les hommes du coin n’arrivent pas à ne pas désirer, est source de nombreux fantasmes et jalousies. Et lorsqu’une mystérieuse maladie commence à se propager, l’incompréhension et la rage se mélangent dans un ballet sanglant. Évidente allégorie de l’épidémie du SIDA des années 80, le métrage montre qu’il est parfaitement possible de styliser un drame et de lui apporter une dimension symbolique sans faire virer le scénario au ridicule ampoulé (coucou "Alpha" dont on essaye tant bien que mal d’oublier le visionnage). Jouant parfaitement avec les outrances de ses protagonistes, le film est une tragédie électrisante où la souffrance n’est pas cachée mais métamorphosée au service d’un récit poétique et engagé.

Formellement jouissif, "Le Mystérieux regard du flamant rose" l’est aussi dans son traitement des personnages, offrant aux spectateurs une galerie de femmes fières, prêtes à distribuer les mandales pour affirmer leurs idées. Sans chercher le misérabilisme, le film capte un instant, un épisode où les cœurs et les coups se déchaînent, à l’image de la jeune Lidia dont on effleure à peine le passé pour mieux se focaliser sur son présent et ses premiers amours. Osant de vrais twists, ce néo-western LGBT cultive une atmosphère particulière, où les rires sont souvent stoppés par la surprise, la peur ou encore l’émotion. Le seul bémol, c’est que tout cette inventivité narrative s’étiole au fur et à mesure des minutes, aboutissant à une dernière partie nettement plus laborieuse. Quand bien même, le Festival de Cannes 2025 vient de révéler un nouveau visage, Diego Cespedes, dont on attend désormais avec impatience de connaître le prochain titre farfelu de son futur projet…

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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