LE GARÇON QUI FAISAIT DANSER LES COLLINES

Un film de Georgi M. Unkovski

Dépaysement et émancipation d’une jeunesse lumineuse mais sous contraintes

Synopsis du film

Ahmet, adolescent géorgien, dont le petit frère Naim ne parle plus depuis le décès de leur mère, est retiré du lycée par son père, qui a besoin d’aide avec notamment son troupeau de 20 brebis. Faisant la connaissance d’Aya, l’une des filles d’un voisin, vouée à se marier avec un homme que son père a choisi, il va l’aider, elle et ses copines, à préparer une chorégraphie pour la fête du village…

Critique du film LE GARÇON QUI FAISAIT DANSER LES COLLINES

Gagnant de nombreux prix du public en festivals, "Le Garçon qui faisait danser les collines" est une comédie dramatique macédonienne qui faisait parler d’elle depuis plusieurs mois. Commençant comme un récit dépaysant voué à confronter tradition et aspirations de la jeunesse des plus classiques, le film va en réalité se doter d’élans beaucoup plus modernes qu’attendu, que ce soit au niveau de son récit d’émancipation d’une jeunesse géographiquement isolée, qu’au niveau d’une mise en scène qui utilise le contraste entre musique ou sons et silence, pour provoquer le stress ou l’émotion. L’histoire tournera en effet autour de l’attirance d’Ahmet pour une fête techno ayant lieu de l’autre côté du bois et du stratagème imaginé par Aya pour échapper au mariage arrangé qui l’attend.

C’est ainsi que la fascination et le trouble d’Ahmet envers Aya sont traduits à l’écran par un ralenti en musique sur elle, autant que par un assourdissement du son qui correspond à son souffle coupé. De coupures soudaines de son, le réalisateur Georgi M. Unkovski se sert régulièrement, permettant d’accentuer certains moments dramatiques ou au contraire suspendus. Mais ce qui rend le film enchanteur, c’est son petit humour de fond, qu’il transparaisse au travers des réflexions d’Ahmet (lumineux Arif Jakup) visant par exemples son troupeau (« attendez l’Aïd, vous allez voir »…), des échappées belles de brebis elles-mêmes, ou de l’usage surprenant des tout nouveaux hauts-parleurs du minaret du village. On ressort de ce feel-good movie, traitant autant de la liberté de la femme que de croyances en des malédictions qui enrichissent surtout les guérisseurs charlatans, avec le sourire aux lèvres et une petite larme au coin de l’œil. Et les deux jeunes interprètes, Arif Jakup et Dora Akan Zlatanova, tout comme le petit Agush Agushev, au charisme indéniable, n’y sont en réalité pas pour rien.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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