LE DERNIER VRAI SAMOURAÏ

Un film de Jun'ichi Yasuda

Une plaisante comédie en hommage aux films de Samouraïs

Synopsis du film

À la fin de l’ère Edo, Kosaka, samouraï du clan pro-shogunat Aizu, attaque avec l’aide d’un comparse un homme d’un clan anti -shogunat sortant d’un temple de Kyoto. Le second à terre, Kosaka se retrouve en duel avec l’homme; lorsqu’un violent orage éclate, et se retrouve soudainement foudroyé. Il se réveille dans une ruelle, au beau milieu d’un tournage d’une serie de samouraïs, censée se dérouler à Edo. Lors de la seconde prise de l’agression d’une jeune femme, il intervient pour aider « le Juste sans peur », qui est en réalité l’acteur principal…

Critique du film LE DERNIER VRAI SAMOURAÏ

Hommage aux films et aux séries de samouraïs, les jidaijeki, principalement tournés dans des studios et en décors naturels de Kyoto, "Le Dernier vrai Samouraï" pousse le principe de la mise en abyme jusqu’au maximum. Sorte de version japonaise des "Visiteurs", un samouraï défendant le Shogunat se retrouvant projeté de nos jours au sein d’un tournage de série télé, et devenant peu à peu cascadeur-acteur spécialisé (le film évoque la grande époque et le déclin du genre). Jouant bien entendu sur le décalage du personnage avec notre époque et la découverte de certains éléments (l’extase devant des boulettes de riz blanc, la poussive découverte de la télé et des enjeux d’un épisode de série…), le scénario est surtout intéressant dans sa manière de créer une similitude entre la vie de Kosaka et son nouveau métier d’acteur, tout en poussant les parallèles le plus loin possible : tournage d’un film du même titre dans le film, parcours de l’adversaire après la foudre…

Mais, à l’image de "Coupez !", "Le Dernier Vrai Samouraï" est aussi une jolie déclaration d'amour au cinéma, qu’il s’agisse de l’implication du protagoniste dans son nouveau (faux) métier, ou du rôle de l’assistante réalisateur, coincée entre donneurs d’ordre, souhait d’écrire son propre scénario et recrutements en tous genres. Makiya Yamaguchi, acteur principal, est parfait dans un rôle aux multiples facettes. Au final, le film ne cesse de surprendre, de par ses changements de ton, se muant progressivement de comédie en drame, doté d’une réflexion sur le pardon et la destinée. "Le Dernier Vrai Samouraï" n’est peut-être pas un chef-d’œuvre du genre (de nombreux films s’intéressent à un tournage, comme "Ça Tourne à Manhattan" ou "Ça Tourne à Séoul") mais c’est une comédie dramatique stimulante et surprenante dans sa capacité à nous attacher aux personnages et à générer une émotion autour d'un genre en désuétude.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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