LE DERNIER SOUFFLE D'UN YAKUZA

Un film de Baku Kinoshita

Ce qui fait famille

Synopsis du film

Dans sa cellule, Akutsu, emprisonné depuis 30 ans, malade, entend une fleur sensitive dans un pot s’adresser à lui, affirmant qu’il a eu une vie bien pourrie. S’entame alors un dialogue, où il se remémore sa vie d’avant…

Critique du film LE DERNIER SOUFFLE D'UN YAKUZA

"Le Dernier Souffle d’un Yakuza" est un film d’animation surprenant, par sa tonalité désenchantée et par l’émotion qu’il dégage. Passé par la compétition du Festival d’Annecy l’an dernier, dont il est injustement reparti les mains vides, ce long métrage de Baku Kinoshita (jusque-là réalisateur de la série "Odd Taxi" et du film "Eiga Odd Taxi : In The Woods") fait preuve à la fois d’une originalité de ton et d’une grande sensibilité. Onirique, avec le beau travail sur les mouvements et les expressions humaines de la plante, qui semble se tenir les hanches ou la tête, ainsi que l’utilisation de la chanson Stand by me, dans différentes versions dont l’une avec une voix féminine, le film tisse un parallèle entre la discussion du prisonnier avec la plante, virant à la querelle, et une amitié passée qui aura mené le premier en prison.

Délicatement, se tisse une histoire déchirante, de père de substitution, de mafia et de butin caché, impliquant une femme, Nana, et son fils Kensuke, qui met en parallèle des souvenirs débutant en août 1986 et des moments vécus plus récemment, le bébé du début devenant grand. Délicatement, les mimétismes entre l’homme et le nourrisson touchent, la question de la fragilité du cœur et d’une nécessaire greffe se pose, l’argent devenant finalement un véritable enjeu, et la notion de sacrifice prend le dessus. Finement scénarisé, intelligemment monté, esthétiquement très cohérent, "Le Dernier Souffle d’un Yakuza" est sans nul doute l’un des films d’animation japonais les plus émouvants depuis "Le Tombeau des Lucioles".

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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