LE DERNIER POUR LA ROUTE

Un film de Francesco Sossai

Un cocktail comique qui manque de nuances

Synopsis du film

Deux cinquantenaires sans-le-sou déambulent de bar en bar, toujours prêts pour un dernier verre. Lorsqu’ils croisent la route d’un étudiant en architecture gentiment naïf, personne ne s’attendait à ce que cette rencontre chamboule autant leur existence…

Critique du film LE DERNIER POUR LA ROUTE

Présenté dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2025, le deuxième long métrage du jeune cinéaste italien Francesco Sossai n’est pas un remake du film français de Philippe Godeau, dans lequel François Cluzet brillait. Ici, moins de sensibilité, "Le Dernier pour la route" se veut une vraie comédie, un buddy movie alcoolisé comme les américains en ont produit à la pelle. Évidemment, la Croisette ne s’y est pas trompée, et on est bien plus dans une démarche d’auteur que dans une volonté de lorgner du côté de "Very Bad Trip" ou autre entreprise du genre. La caméra suit Carlobianchi et Doriano, deux hommes fraîchement retraités qui noient leur manque d’argent dans des verres où l’alcool déborde. Dans une nuit sans fin, où l’on ne compte plus les godets, mais où l’ivresse est manifestement réelle, ils vont croiser un étudiant en architecture, timide et un brin naïf, tout juste amouraché d’une femme rencontrée en soirée. Rien ne semble les rapprocher, mais l’alcool aidant, le duo se transforme en trio alors que débute un road-trip où se mêlent les effluves d’essence et de bières.

Le problème, c’est que malgré les divers paysages, le film finit rapidement par tourner en boucle, les différentes rencontres n’apportant pas toutes suffisamment de mordant ou d’attrait pour éviter à l’ensemble de patiner. On comprend pourtant le projet du metteur en scène, raconter son pays par le prisme de trois joyeux lurons, témoins d’époques différentes mais aux mêmes conclusions : l’Histoire comme un cycle perpétuel. Au détour d’une conversation, on évoque les crises économiques, à un coin de rue, on se rend compte des conséquences de l’urbanisation, dans un bar, on constate tristement les maux d’une jeunesse égarée. D’ailleurs, ces restaurants ont perdu leur caractère authentique, tout se ressemble, s’interchange, tout a un goût nauséabond d’américanisation. Les velléités du métrage sont claires, les propos des personnages explicites (voire un peu trop surlignés), pourtant, il manque indéniablement à ce périple humoristique italien de la cohérence scénaristique, un fil narratif qui emmènerait le tout au-delà de la simple succession de saynètes. Moins une célébration de la beuverie qu’une ode à une certaine forme d’hédonisme, presque anachronique, cette comédie s’avère trop maladroite pour réussir à émouvoir autant qu’elle aimerait. Peut-être le verre de trop…

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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