LE BUS : LES BLEUS EN GRÈVE
Bus contre leur camp
Synopsis du film
Retour sur la grève des joueurs de l’équipe de France de football à Knysna en Afrique du Sud lors de la Coupe du monde de 2010, à la suite de l’éviction de Nicolas Anelka de l’équipe…
Critique du film LE BUS : LES BLEUS EN GRÈVE
Pour tout supporter de l’équipe de France de football, l’épisode de Knysna en 2010 demeure un évènement marquant et qui restera gravé à jamais dans l’histoire du football français et même dans l’histoire du sport français.
Le documentaire, réalisé par Christophe Astruc et Jérôme Fritel, choisit de revenir chronologiquement sur les faits, ce qui permet de saisir à la fois l’engrenage qui s’est petit à petit mis en place pour aboutir à une situation qui allait être hors de contrôle et dont le climax demeure la grève des joueurs refusant de s’entrainer, ainsi que les loupés afin de désamorcer cette situation.
L’épisode de la Une du journal "L’Équipe" (dorénavant considéré comme une Une emblématique du journal), mettant en avant des propos injurieux qu’aurait pu tenir Nicolas Anelka à l’encontre de Raymond Domenech à la mi-temps d’un match, est le point de non-retour des évènements de Knysna, la goutte d’eau qui fait tout basculer. Se pose à ce moment-là, en creux, la place de la presse et des journalistes dans l’avènement de cette crise : la une de "L’Équipe" était-elle nécessaire ? Les informations ont-elles été vraiment recoupées ? La réponse qui s’impose à nous est négative, puisque ces propos attribués à Nicolas Anelka n’ont jamais été tenus, mais le documentaire décide de ne pas questionner cette responsabilité.
Dès lors, on est saisis par la psychose qui s’empare du groupe avec la recherche de la taupe, le tout dans un environnement en vase clos, saupoudré de quelques forts égos. L’ensemble s’est avéré être un cocktail explosif dont la déflagration impactera la carrière de certains joueurs. Et tout semble ubuesque, de la grève des joueurs jusque dans les réactions politiques que cela a entrainé, donnant à l’ensemble une tournure de mauvais vaudeville.
L’accès au journal intime de Raymond Domenech par les deux réalisateurs, qui en présentent certains extraits, permet de saisir un entraineur au bout du rouleau, qui trouve son carburant dans l’adversité. Ainsi, cet état émotionnel va considérablement impacter la façon dont les évènements vont se dérouler : en aucun cas il ne souhaite désamorcer les choses.
Certaines personnes interviewées sont de premier ordre et doublées d’excellents clients : Raymond Domenech, l’ancien sélectionneur des Bleus en poste lors de cet épisode, et Patrice Evra, le capitaine de l’équipe de France à cette époque. On pourrait éventuellement regretter qu’il n’y ait pas plus de participants dans ce documentaire (notamment Nicolas Anelka ou encore Franck Ribéry) mais le fait d’avoir deux des principaux protagonistes de l’histoire est déjà en soi un petit exploit.
Toutefois, le documentaire sombre parfois dans la facilité et on ne peut s’empêcher de penser que les phrases choisies dans le journal intime de Raymond Domenech, si elles permettent de saisir en creux l’état psychologique du sélectionneur lors des évènements, ont un potentiel pour pouvoir être reprises par la suite par les médias afin de créer le buzz autour du documentaire. On pourra regretter également la durée de l’ensemble : certains faits/éléments sont ainsi survolés ou pas assez développés et certaines personnes interviewées n’apparaissent que trop peu. Enfin, le documentaire a plus une facture télévisuelle que cinématographique.
"Le Bus : Les Bleus en grève", s’il n’atteindra jamais la postérité d’un documentaire comme "Les Yeux dans les Bleus", demeure un objet qui permet de saisir, via les témoignages de certains protagonistes de premier plan, l’inéluctable emballement des évènements qui débouchèrent sur l’une des plus importantes crises du sport français. À voir donc.
Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

