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LAST STOP : YUMA COUNTY

Un film de Francis Galluppi

Un peu trop laborieux pour séduire complètement

Synopsis du film

Un VRP en couteaux de cuisine s’arrête dans une station service en plein milieu du désert en Arizona, alors que son réservoir est presque à sec. Le gérant lui indique que le camion-citerne devrait arriver sous peu, mais qu’il n’a pas de quoi le ravitailler en essence pour l’instant. Le VRP se gare alors devant le diner voisin, et dès l’ouverture rentre s’y asseoir, faisant la connaissance de la serveuse, femme du shérif local qui l’avait déposée un peu plus tôt. Peu de temps après, une voiture verte, correspondant à la description de celle des auteurs d’un braquage dans une banque, s’arrête également à la station. Deux hommes en sortent et se rendent eux aussi dans le diner. Les yeux du VRP se posent alors sur l’une des définitions des mots croisés qu’il remplit pour tuer le temps : « prends l’oseille et tires toi » en cinq lettres…

Critique du film LAST STOP : YUMA COUNTY

À force de jouer sur l’expectative, le premier long de Francis Galluppi (habitué aux courts et aux vidéo clips), "Last Stop : Yuma County", semble étirer en longueur sa première partie (pratiquement les deux tiers du métrage, soit la première heure), anéantissant au passage une partie de la sympathie que l’on avait pu développer envers ce polar clairement biberonné aux univers des frères Coen et de Tarantino. Si l’introduction est plutôt réussie, jouant d’emblée du décalage entre les attentes des personnages (et du spectateur) et le peu d’action qui se déroule sous nos yeux, un simple balayage du regard d’une salle de diner déserte (ces fameux restaurant routiers américains immortalisés par le peintre Edward Hopper ou certains films de David Lynch) suffisant à créer l’inquiétude par le vide observé, la figure de serveuse surgissant finalement de la porte arrière, on restera souvent sur notre faim quant au rôle de chacun des nombreux personnages. Ceci d’autant que le décor annonce la couleur, avec une affiche indiquant qu’ici la « tarte à la rhubarbe est à mourir », ou « est une tuerie » selon comment on s’amuse à la traduire.

La première partie du film se limite ainsi, hormis un ou deux moments de tension, à l’arrivée des différents convives (couple de personnes âgées, passage du jeune bleu adjoint du shérif, jeune couple se la rêvant Bonnie and Clyde, indien ayant un ranch dans le coin…). Si on peut s’amuser de quelques détails (le t-shirt du jeune gangster avec inscrit « Big Foot for Président », ou les manies d’un shérif en apparence bien peu préoccupé par son boulot), le développement des personnages relève finalement du minimum syndical et ne permet de s'attacher à personne. Du coup quand arrive la scène clé, évoquée dans la bande annonce, on a bien du mal à prendre parti pour l'un ou l'autre des potentiels survivants de ce carnage annoncé. Passé par les festivals de Deauville et de Reims Polar, le film dispose d'un casting de gueules plutôt bien assorties. Quant au metteur en scène, il joue plutôt bien de l'engrenage des hasards, développés avec un certain cynisme dans une seconde partie plus réjouissante et joliment amorale. De quoi ne pas regretter d'avoir fait le détour en salle pour assister à cet imbroglio autour d'un butin dont chacun voudrait bien s'emparer.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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