TOP : 10 FILMS MARQUANTS DE LA CARRIÈRE DE JODIE FOSTER bannière © Claire Fridkin (licence CC-BY-SA-4.0)

LADY NAZCA

Un film de Damien Dorsaz

Portrait, sage mais dépaysant, de Maria, folle du désert

Synopsis du film

1936. Maria Reine, allemande installée à Lima comme professeure de mathématiques, a bien du mal à passionner ses élèves. Partageant un appartement avec Amy, une américaine, elle se laisse entraîner par celle-ci dans une de ces soirées internationales qu’elle déteste, où l’on fête ce soir-là le 14 juillet, fête nationale française. Elle y fait la connaissance d’un archéologue français, Paul d’Harcourt, qui cherche une traductrice. Elle accepte alors de partir avec lui au sud du Pérou, près de Nazca, pour traduire les notes manuscrites laisséee par le chercheur précédent, un Allemand. Et lorsque Paul l’emmène sur le terrain pour voir de mystérieuses rigoles d’irrigation en plein désert, elle comprend vite qu’il ne s’agit pas de cela…

Critique du film LADY NAZCA

Le mystère des lignes de Nazca aura frappé plus d’un écolier, qu’il soit tombé dans le tourbillon de la série animée "Les Mystérieuses Cités d’or" ou se soit passionné pour les cours d’Histoire où l’archéologie a toujours eu une bonne place. "Lady Nazca" se propose de nous transporter au Pérou et de lever le voile sur le mystère de ces dessins tracés au sol, compréhensibles uniquement depuis le ciel, représentant lézards, oiseaux, et autres animaux, sous des aspects géométriques de lignes ou spirales, ceci au travers du portrait d’une enseignante allemande méconnue, qui dû batailler pour faire reconnaître l’intérêt historique et culturel des lieux. Balayé d’ailleurs un peu trop vite par l’archéologue lui-même (Guillaume Galienne) dès lors qu’on lui confirme qu’il ne s’agit pas là d’un système d’irrigation, c’est un peu dans l’excès du « seule contre tous » que va se construire le film.

Un rien manichéen (les propriétaires terriens sont des méchants sans sensibilité, en opposition aux autochtones, généreux et ouverts), le scénario joue à fond la carte de l’isolement progressif de la jeune femme, obnubilée par ces lignes au point de négliger son travail comme sa colocataire (et amante suggérée, sans jamais verser dans l’explicite), qui finira par lui rendre visite. Au lieu de s’appuyer sur sa différence, autant amoureuse que sensible, le film reste sur des chemins sommes toutes assez balisés, utilisant les paysages des plateaux pour séduire, le soleil pour magnifier la photographie, la parole pour confirmer le discours attendu sur la protection du patrimoine mondial. Montrant tout de même l’usure progressive du personnage (le métrage s’ouvre sur celle-ci balayant, seule, dans le désert) et laissant un espace à un beau moment sur la perte de racines des populations colonisées, "Lady Nazca" surprend certes peu dans sa dramaturgie, mais s’avère à la fois pédagogique et dépaysant.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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