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LA VIE D'UNE FEMME

Léa Drucker surnage dans un drame romantique qui manque de substance

Synopsis du film

Gabrielle parvient tant bien que mal à concilier son métier de chirurgienne avec sa vie privée. Tout est toujours sur le fil, mais tout est bien ordonné, jusqu’à ce que Gabrielle fasse la rencontre de Frida, une romancière qui se documente sur le quotidien dans un service de chirurgie et prend Gabrielle comme sujet d’étude. Une relation se noue entre les deux femmes, et la vie bien rangée de Gabrielle sera vite bouleversée…

Critique du film LA VIE D'UNE FEMME

Présenté en compétition officielle à Cannes, le deuxième long-métrage de Charline Bourgeois-Tacquet (après "Les amours d’Anaïs") est le portrait sensible d’une chirurgienne de renom tiraillée entre ses vies professionnelle et privée. Il faut tout le talent d’une Léa Drucker encore une fois lumineuse pour dresser ce portrait tout en nuance où rien n’est ni blanc ni noir et où le diable se cache parfois dans les détails. Tout semble aller pour le mieux au sein d’une famille aimante et d’un service de chirurgie dont elle est la patronne incontestée. Mais c’est dans ces détails que viennent se glisser les imperfections de cette vie bien rangée, dans quelques maladresses de son mari ou de son bras droit (respectivement Charles Berling et Laurent Capelluto, eux aussi très justes). La relation adultère qui se noue avec Gabrielle apparaît donc autant comme la cause de grands chamboulements que comme le révélateur d’un manque.

Tout comme dans son premier long-métrage, Charline Bourgeois-Tacquet explore le désir féminin à travers un portrait de femme éprise de liberté. Mais le désir de liberté d’un personnage à qui tout a réussi ou presque peut davantage apparaître comme un caprice que comme un souhait légitime. Un écueil fréquent du drame bourgeois dans lequel tombe "la vie d’une femme". Il reste donc peu de place à l’empathie pour le spectateur condamné à rester en retrait. D’autant que la narration chapitrée façon tranches de vie n’aide pas à construire un récit fluide qui nous emporterait. On peut également s’interroger sur les ambitions d’un film qui semble beaucoup se reposer sur sa prétendue modernité pour se donner une raison d’exister. Le fait est que beaucoup sont déjà passés par là et que ce genre de récit n’a plus grand-chose d’audacieux. Finalement, il ne reste plus qu’un film aussi banal que son titre. On ne pourra pas dire qu’on n’était pas prévenu.

Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur

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