LA TRILOGIE D'OSLO : AMOUR
Un doux-amer film norvégien sur les rapports entre amour et sexualité
Synopsis du film
Ole, homosexuel, apprend qu’il va devoir subir une ablation de la prostate. Tor, infimier gay, fait des rencontres passagères sur le ferry qu’il emprunte régulièrement entre Oslo et l’hôpital où il travaille. Sa collègue, Marianne, médecin, s’interroge sur la sexualité sans engagement, après une blind-date. Son amie Heidi, guide qui travaille en service culturel, tente de réfréner ses envies de sexe…
Critique du film LA TRILOGIE D'OSLO : AMOUR
Après "Rêves", "Amour" est le second segment de la "Trilogie d’Oslo" à trouver le chemin des salles françaises ("Désir" clôturera l’ensemble la semaine prochaine). Découvert lui en compétition au dernier Festival de Venise, le long métrage interroge moins les hésitations ou tentations liées à la sexualité, que le rapport entre sexualité et relation amoureuse, et donc forcément les notions de fidélité et de liberté dans le couple. Signé Dag Johan Haugerud, le film bénéficie d’un casting remarquable, interprétant un quintette de personnages aux ressentis différents face aux mêmes questions. Tout aussi bavard et finement dialogué que "Désir", il revêt une tonalité plutôt douce grâce à l’entrecroisement des destins de ces personnages, pour trois d’entre liés à un hôpital proche d’Oslo (une médecin urologue, un infirmier et un malade rencontré sur un ferry), auxquels s’ajoutent une employée du service culturel de la mairie (amie de la médecin) et un géologue divorcé (rencontré par la médecin)...
C’est autour des déplacements quotidiens des personnages et de l’organisation d’une célébration censée être « inclusive », que le scénario convoque des face-à-face entre conception du couple et de la fidélité amoureuse, mais aussi entre différentes manières de chercher la rencontre. Quand Heidi organise une blind date pour son amie, Tor, lui, use de hasards plus ou moins provoqués lors des traversées en ferry et Björn tremble à l’idée de perdre toute sexualité. Quand Tor recherche du sexe occasionnel et de la variété, Heidi s’interroge sur son besoin irrépressible de sexe, alors que Marianne n’envisage pas celui-ci en dehors d’une relation. Doucement, "Amour" permet de mesurer la distance entre théorie et comportement, contredisant des positions dogmatiques de certains et démontrant au final toute la complexité de l’être humain, amplifiée lors de ses interactions avec d’autres.
Souffrant certes de quelques longueurs, le film bénéficie d’une approche sonore revenant perpétuellement autour du centre ville et du gigantesque bâtiment de la mairie, censé être le symbole de toutes les inclusivités et les libertés. Rare œuvre à aborder les conséquences de l’ablation de la prostate sur la sexualité des homosexuels (« une double perte »), il évoque aussi de manière assez frontale la peur du SIDA. Et au final, fort justement, il rappelle que s’impliquer dans la vie des autre ne va pas sans une certaine responsabilité, et qu’en amour, à l’image des personnages, certains sont capables de se donner des libertés et d’autres pas.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteurBANDE ANNONCE
Bande annonce de la Trilogie :


