LA POUPÉE

Un film de Sophie Beaulieu

Une comédie féministe réjouissante

Synopsis du film

Rémi, VRP en faux gazon, n’a de cesse de parler à ses collègues d’Audrey, sa nouvelle compagne, pour laquelle il aime cuisiner de la blanquette de veau. Mais la réalité est bien moins glorieuse : traumatisé par sa dernière rupture, Rémi vit en vérité avec une poupée. Et un beau jour, alors que Patricia, sa nouvelle collègue s’intéresse à lui, sa poupée devient vivante. D’abord tenté de prévenir la police, il décide finalement de la déposer devant la porte de Ève Poupées, qui lui l’avait vendue. Mais une fois revenu au bureau, il apprend que sa femme, une certaine Audrey, a appelé…

Critique du film LA POUPÉE

Passé par les Festivals d’Angoulême et de l’Alpe D’huez, "La Poupée" est une comédie teintée de fantastique dans laquelle une poupée sexuelle (Audrey), prend soudainement vie, alors que son compagnon (Rémi) semble troublé par sa nouvelle collègue (Patricia). Comme un signe d’une jalousie ou d’une rivalité qui s’engage, ce réveil soudain sera en réalité l’occasion de créer nombre de décalages comiques, dans la découverte du monde comme dans la découverte des relations aux hommes, pour ce personnage incarné par Zoé Marchal, la révélation du film. S’éveillant aussi à une certaine forme d’indépendance et de libre arbitre, le personnage est d’abord servile, provoquant une certaine gêne par l’exposition de ce fait (la position à quatre pattes sur le lit, pour la classique levrette, position préférée de Rémi...), mais trouvant une forme de justesse dans le fait d’assumer son côté sans filtre (elle vient en nuisette à un barbecue chez un collègue, elle affirme qu’elle se « masturbe beaucoup »…), qui l’éloigne ainsi du cliché de la naïve en mode surprise perpétuelle.

En soulignant par petites touches la domination par les hommes (l’émission à la télé sur les « hommes qui ont marqué l’Histoire », l’attitude du père - très bon Gilbert Melki - qui pense que Rémi a « embauché une pute russe », le cliché que représente la mère – trop rare Marianne Basler…), Sophie Beaulieu dénonce le diktat des artifices (maquillage, épilation…). Elle livre une forme de conte aux élans féministes, dans lequel Audrey est surtout là pour stimuler le personnage de Rémi (formidable Vincent Macaigne, entre naïveté et tristesse dissimulée), le temps qu’il retrouve l’envie d’aimer une véritable personne. Offrant également un joli rôle à Cécile De France, petite tornade qui n’est pas dupe, "La Poupée" reste une comédie sans prétention, à déguster en bonne compagnie.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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