LA MAISON DES FEMMES

Un film de Mélisa Godet

Un film engagé dans la défense des droits des femmes, à l'image de la maison en question

Synopsis du film

La maison des femmes de Saint-Denis, créée en 2016, a pour vocation d’accueillir et d’accompagner les femmes victimes de violences, souvent conjugales. Comme toute structure d’accueil et de soin, elle doit faire face à une cruelle pénurie de moyens, qui pourrait encore s’aggraver si l’État venait à sanctionner certains dysfonctionnements administratifs. Mais c’est sans compter sur l’extraordinaire détermination du personnel, presque exclusivement féminin, qui fait tenir la maison debout…

Critique du film LA MAISON DES FEMMES

"La maison des femmes" est un premier film étonnamment ambitieux, notamment en termes de casting, où le retrouve des têtes d'affiche comme Karin Viard, Oulaya Amamra (qui à la longue commence à mériter ce statut) ou encore Laurent Stocker de la comédie française. Preuve que le sujet même du film, porté par Mélisa Godet, a de quoi séduire financeurs et comédiens comme comédiennes, par sa brûlante actualité et sa posture militante. Et il n'y a aucun doute que de la même façon il parviendra à séduire le public. Ce n'est sûrement pas un hasard si le film sortira en salles seulement quatre jours avant la journée internationale des droits des femmes. Une manifestation qui s'avère encore nécessaire, tout comme l'existence même de ce lieu, ainsi que le métrage qui lui est consacré. On ne peut nier cette évidence quand on songe que les chiffres des violences faites aux femmes sont toujours aussi honteusement élevés et que les institutions de prévention ou de soin vivent constamment sur le fil, sous la menace d'une coupure de vivres.

On conviendra que le propos est éminemment nécessaire et qu'il est porté par un casting visiblement très impliqué. Chaque personnage représente un des aspects de la maison des femmes. Avec son franc parler et son tempérament sanguin, le personnage d'Eye Haïdara représente la frustration de n'être pas soutenu par les pouvoirs publics. Pierre Deladonchamps campe avec justesse la douceur nécessaire à l'accompagnement des femmes meurtries. Laëtitia Dosch symbolise une institution qui a trop tiré sur la corde et qui s'épuise. Tandis que Jean-Charles Clichet interprète non sans une pointe d'humour le mec largué par la lourdeur des tâches administratives.

Autant de qualités qui ne parviennent pas à masquer l'incapacité de l'histoire à s'émanciper du carcan narratif du film social à la française, qui s'attache à dénoncer l'abandon des pouvoirs publics et souligner l'extraordinaire courage de quelques travailleurs acharnés. Mauvaises impressions renforcées par un aspect un peu trop pédagogique, notamment avec l'empilement des situations qui vise à dresser un panorama des cas de figure (la femme victime d'excision, la femme qui a eu un enfant issu d'un viol, la femme battue qui trouve son mari malgré tout formidable…). Un écueil que l'on retrouve souvent dans ce genre de métrages qui tend vers une forme documentaire. Dommage, car un vrai film de cinéma aurait pu tout aussi bien, voir même mieux encore, servir un discours qu'il est encore essentiel de transmettre.

Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur

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