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LA LIGNE

Un film de Ursula Meier

Histoire de haine et de distance

Margaret, 35 ans, après avoir agressé sa mère, Christina, est jetée de force dehors, puis condamnée à une mesure d’éloignement, dans l’attente de son jugement. Durant trois mois, il lui est interdit de s’approcher à moins de 300 m de la maison de sa mère ou d’avoir le moindre contact avec elle. Sa petite sœur, Marion, qui vit toujours sous ce toit, perturbée par la situation, et bien décidée à éviter qu’elle se fasse arrêter à nouveau, se met à matérialiser cette limite en traçant une ligne bleue, marquant ce territoire interdit, dans lequel elle lui fait promettre de ne pas pénétrer…

La Ligne film movie

Le nouveau film d’Ursula Meier, réalisatrice suisse révélée avec l'étrange "Home" en 2008, qui mettait en scène Isabelle Huppert, et consacrée avec "L'Enfant d'en Haut", avec Léa Seydoux en mère trop jeune (récompensé d'une mention spéciale au Festival de Berlin 2012), s’intéresse cette fois aux relations mère fille, parfois complexes. Recherchant en permanence la tension, la mise en scène se met finalement au diapason du caractère intempestif et enragé de son anti-héroïne (Stéphanie Blanchoud, également au scénario avec Robin Campillo, l’auteur de "120 Battements par Minute"). Mais l’absence de réelle explication concernant son geste initial, montré dans des ralentis sur fond de musique classique, donnera finalement au spectateur le sentiment d’un scénario qui tourne quelque peu en rond, reposant tout sur des personnages avec lesquels l’empathie est bien difficile.

L’agitation et l’agressivité permanente de Margaret, toujours à fleur de peau, parfois surjouée par Stéphanie Blanchoud, la mauvaise foi poseuse de Christina, sa mère, rôle dans lequel Valeria Bruni Tedeschi excelle, mettront finalement surtout en valeur les attitudes des deux sœurs, la grande, enceinte, interprétée par India Hair, en voix de l’apaisement, et la petite, incarnée avec conviction par Elli Spagnolo, dans sa recherche d’une compréhension réciproque et son refus de prendre parti. Certains moments de complicité sont sans doute touchants, la détresse de Margaret touche parfois au cœur, mais toutes les résonances convoquées autour de la musique (qu’a dû abandonner la mère, et que pourrait délaisser la fille) ne sont pas des plus limpides.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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