LA GRANDE RÊVASION
Trois courts métrages aux styles résolument différents, pour mieux s'évader
Synopsis du film
Une énorme boite changeant de moyen de transport jusqu’à arriver dans les mains d’une petite fille, un oiseau qui trouve une étrange boite avec un trou et une pointe, une petite fille qui a peur de jouer un oiseau dans le spectacle de l’école et se retrouve coincée dans un étrange château à la coupole en verre…
Critique du film LA GRANDE RÊVASION
Voici un recueil enthousiasmant autant au niveau graphique (très contrasté d’un film à l’autre), qu’au niveau intrigues, privilégiant la curiosité, mais incitant aussi à ne pas se fier aux apparences, tout comme à sortir de sa zone de confort. "Qu’y-a-t-il dans la boite" (Bram Algoed, Belgique, 2023, 9 mn) est une sorte de conte moderne, où chaque étape du transport d’une boite (d’abord énorme) voit sa taille diminuer et l’animal que l’on s’imagine à l’intérieur changer. C’est au niveau visuel, que le film est tout bonnement magnifique, faisant appel, tout en aplats de couleurs et formes plus ou moins géométriques, à des dominantes et dégradés de couleurs qui forment des décors de désert, savane, ville… Sans aucun dialogue, le film s’avérera limpide, y compris pour les tous petits, les obstacles engendrant la diminution de la boite, et générant un petit suspense avec quelques sons ou une silhouette qui suffisent à suggérer la présence de tel ou tel animal à l’intérieur. Jusqu’à ce que la réalité s’impose, beaucoup plus « libre » que prévu.
Autour de la curiosité d’un oiseau (habillé), aux membres fins, au bec démontable, se construit l’étrange "J’ai Trouvé une boite" (Eric Montchaud, France, 2024, 9 mn), film aux coloris éteints, dans lequel chaque ami y va de son interprétation sur la fameuse boite : instrument, réveil, pipe… Esthétiquement, l’ensemble, en papier découpé et articulé, sur fond de décor peint, est des plus cohérents, et la conclusion s’avère bien ironique. Enfin, troisième segment, donnant son titre au recueil, "La Grande Rêvasion" (France, 2025, 26 mn), réalisé par Rémi Durin ("Yuku et la fleur de l’Himalaya", "Le Parfum de la carotte"...), au dessin traditionnel assez envoûtant, montre le trac dont est pris la petite Andréa, alors qu’elle doit interpréter un oiseau lors du spectacle de fin d’année de son école. Les coloris chauds (rouge, rose, orange, jaune…) d’une salle de classe en bordel viennent introduire cette période du mois de juin, où la chaleur endort les lieux. Onirique, dans sa représentation du repli sur soi et de la peur, cette cage transparente pleine de jeux qui sert d’enveloppe au château, ceinturée par un orage permanent mêlé de pluie, n’attend qu’un élan de courage pour disperser les nuages et permettre au personnage de s’envoler vers sa prestation de petite actrice. Un beau conte où le coup de crayon est lisible et dynamique, doté d’une certaine fantaisie et d’une belle parabole.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur


