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LA GRADIVA

Un film de Marine Atlan

Un magnifique encouragement à la vie, pour des adolescents en pleins doutes

Synopsis du film

Lors d’une sortie de classe à Naples et sans sa région, des lycéens vivent leurs premières expériences et confrontent leurs manières d’envisager la vie et la relation aux autres. Dynamique et enthousiaste, la professeure observe ce petit monde tout en tâchant de rendre vivante et passionnante chacune de leurs visites, du pourtour du Vésuve à Pompéi, en passant par quelques musées. Mais c’est avant tout la vie adolescente qui s’épanouit, au contact d’une autre culture, et dans des lieux où la vie semble bien plus libre qu’en France…

Critique du film LA GRADIVA

Il suffit d’un plan subjectif à l’avant d’un train pour évoquer le voyage et l’évasion. Le voyage en question est une sortie de classe, amenant des lycéens français à Naples et dans ses alentours, la randonnée jusqu'au cratère du Vésuve et la visite de Pompéi étant des passages obligés. Autour principalement d’un tandem d’amis, Toni, homo prêt à s’assumer, et James, dragueur semblant blasé par sa propre capacité à séduire sans rien faire, ce sont ici les préoccupations de la jeunesse qui seront scrutées dans le détail, de la découverte de la sexualité au rapport entre genres, en passant par l’amitié et l’entraide, la notion de mérite ou d’effort, et la perception d’une vie future comme effrayante, exaltante ou digne d’être vécue. Échos sans doute au sentiment de toute une génération, se questionnant sur son avenir dans un contexte de changement climatique, de montée des extrêmes, d’agressions sexuelles répétées et de crises récurrentes, "La Gradiva" évite fort justement la plupart de ces sujets pour se concentrer sur l’humain et des enjeux de l’ordre de l’articulation entre monde de l’adolescence et monde adulte.

La formidable et trop rare Antonia Buresi ("À son image", "Dossier 137"), incarnant ici la prof, se pose d’ailleurs en miroir d’adolescents qui évoluent entre blessures et inconscience, s’en sortant comme ils peuvent face à un monde dont le racisme, la brutalité comme les mensonges sont ponctuellement soulignés. Son personnage adopte une trajectoire qui la fait passer du lyrique (le récit qu’elle fait de l’éruption de 1979 lors de la balade sur le Vésuve), au dépit (lors de la visite du musée avec les moulages de corps), déclarant notamment « le corps reste intact, la vie est partie », sorte de parabole de son propre épuisement. Mais ce sont surtout les jeunes interprètes qui brillent ici, Colas Quignard charismatique et touchant dans le rôle de Toni, Mitia Capellier énigmatique et en apparence distant dans celui de James, Suzanne Gerin dans celui de Suzanne, sans compter tous les autres qui donnent à cette sortie scolaire son aspect choral véridique, nous emportant dans les doutes de ces ados aux élans qui se heurtent à un monde dont leurs parents, par souci sans doute de protection, semblent leur avoir fait une peinture biaisée. Avec en fond de nombreux plans ce volcan près, comme les personnages, à exploser, le Grand Prix AMI France de la Semaine de la critique 2026 qu’est "La Gradiva" (figure féminine sur un bas-relief antique, qu'un archéologue croit reconnaître dans la vie réelle et cherche à prévenir de l'éruption imminente du Vésuve, selon le mythe inventé par l'écrivain Wilhelm Jensen en 1903) séduit par son ton à part, à la fois teinté d’une douce amertume et message de vie qui inspire.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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