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LA FIN D'OAK STREET

Oak street ou un conte familial plus cruel qu'il n'y paraît

Synopsis du film

Denise et Greg vivent heureux dans leur beau quartier de banlieue. Leur quotidien est constitué de barbecues, de problèmes de voisinage et de MTV. Mais soudain leur monde se retrouve chamboulé lorsque leur lotissement se voit transporter à l’ère préhistorique. Autant dire que les soucis avec les nouveaux résidents risquent de mettre à dure épreuve la dynamique familiale…

Critique du film LA FIN D'OAK STREET

8 ans. C’est le nombre d’années qui séparent pour David Robert Mitchell son dernier nouveau né et son précédent film ("Under the silver lake", 2018). Entre un projet avorté à cause du COVID et ce "La fin d’Oak Street" produit par J.J Abrams ("Super 8") qui trottait dans sa tête depuis un bon moment, le cinéaste se faisait discret et on a presque eu peur qu’il nous ponde deux chefs d’œuvres (le premier étant "It Follows" en 2014, évidemment) puis disparaisse dans les tréfonds d’un système qui n’a que faire des artistes inclassables. Et contre toute attente, le voici rattaché à un projet plus ambitieux, plus coûteux aussi, avec une distribution aux petits oignons et une liberté…restreinte ?

Le film prend très vite la direction spielberguienne qu'on espérait, avec cette ambiance années 80 où bons sentiments font la paire avec une aventure que Jules Verne n'aurait pas reniée. Mais arrêtons là la comparaison, tant David Robert Mitchell se différencie de ses pairs par une vraie patte qui passe par une cruauté surprenante lorsqu'il s'agit de décimer les résidents, surtout sur un film estampillé grand public (avec avertissement) qui se permet des saillies gores qu'aucun "Jurassic Park"/"World" n'a jamais osées. Mais ́n'oublions pas sa mise en scène si significative. Toujours là pour nous titiller l'imagination avec l'utilisation maligne des hors champs (cette course poursuite à travers les remparts, un diplodocus qui occulte une maison en marchant à côté) où notre regard est constamment en éveil pour chercher la paire de plumes qu'on pourrait apercevoir.

Déjà dans son "It Follows", la volonté de créer un terrain de jeu ludique pour le spectateur était bien présente. Ici il réitère le procédé au service d'un récit plus recentré et classique, mais c'est pour mieux laisser libre cours au prétexte du film : disposer des dinosaures dans un quartier résidentiel et voyons ce qu'il se passe. L'autre point fort du film réside dans les dynamiques familiales, notamment entre le père et la mère (superbe couple Hathaway/Mcgregor) qui nous touchent en plein cœur lors d'un final émotionnel aux enjeux simples, au set up quasiment nul mais porté par la caractérisation discrète mais efficace de ce couple en perdition. À noter la bande originale signée par un Michael Giacchino qui délaisse un peu les productions Marvel pour se re-concentrer sur des mélodies proches de ses amours premiers (au hasard "Jurassic Park" et John Williams) et contribue fortement à sortir de la salle avec une larmichette aux bords des yeux et une envie irrésistible de retourner à Oak Street encore et toujours.

Certains pourraient être déçus au vu des précédents travaux du bonhomme, mais cette œuvre estampillée blockbuster de l'été se retrouve être plus burlesque, étrange et imparfaite, et l’on ne doute pas qu’elle a été réalisée avec beaucoup d'humilité. Et dire qu'elle se place dans le haut du panier des productions sauriennes est un euphémisme au vu du peu de concurrence. Les dinosaures sont finalement de retour. Comme quoi certaines choses n'appartiennent pas qu'à la préhistoire !

Germain BrévotEnvoyer un message au rédacteur

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