LA FILLE DU KONBINI

Un film de Yûho Ishibashi

Un récit minimal, mais touchant

Synopsis du film

Iizuka a abandonné son job de commerciale pour devenir vendeuse dans une supérette. Entre ses collègues qui continuent leurs études en journée ou qui cherchent aussi un boulot, elle se sent un peu décalée. Mais un jour, elle reconnaît en une cliente une ancienne camarade de collège et toutes deux vont commencer à se fréquenter, ceci la sortant un peu de sa routine…

Critique du film LA FILLE DU KONBINI

"La fille du Konbini" s’ouvre sur une jeune femme (Iizuka) sur un pont, appuyée sur la rambarde, et sur une réflexion : « Si je n’étais pas là, le monde ne s’arrêterait pas de tourner ». Petite chronique douce-amère en forme de renaissance à une forme de vie centrée sur ce qui est important, le film déroule d’abord le quotidien morne de sa protagoniste, entre job ingrat, repas au micro onde, coup de fil à sa mère, problème avec la tringle à rideau, avant de permettre à celle-ci de tisser de ténus liens avec ses collègues et surtout avec une ancienne camarade de classe de 4ème. C’est au travers de petits riens, un diner, un moment au bowling, et progressivement quelques confessions sur un passé qui l’étouffe encore, que le scénario va esquisser une sortie de dépression, symbolisée par ces petites choses que l’on prend enfin le temps de réparer, comme on reprend confiance en soi.

Car derrière les coloris apaisants et pops, et l’aspect lumineux de la photo, "La fille du Konbini" est un plaidoyer doux-amer sur le droit à l’erreur, la survie au monde du travail au Japon (souvent synonyme d’heures sups, de mépris, de brimades et de dépression), et l’acceptation d’un échec temporaire. Calme, à l’image de l’apaisement que recherche le personnage, un temps incapable de parler de ses problèmes, c’est son amie retrouvée qui va servir de catalyseur jusque dans une très jolie scène où elles s’endormiront toutes les deux, cote à cote. Parce qu’il est parfois nécessaire de s’entendre dire « ça va aller » pour enfin commencer à rebondir, ce film là est à ranger parmi les œuvres profondément bénéfiques.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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