LA FEMME QUI EN SAVAIT TROP
Et l'homme… tua la femme
Synopsis du film
Professeure et syndicaliste, Tarlan est comme une mère pour Zara depuis que celle-ci a perdu ses parents. Cette dernière et sa fille aiment danser et montrent leur talent sur les réseaux sociaux. Cela déplait fortement au mari de Zara, un homme influent qui n’hésite pas à la rouer de coups pour que celle-ci soit plus discrète…
Critique du film LA FEMME QUI EN SAVAIT TROP
Scène d'ouverture : des femmes sont assises, vêtues de noir sur fond noir. Une jeune fille se lève et commence à danser. La caméra la suit dans un mouvement circulaire et l'accompagne alors qu'elle rejoint dans un décor blanc lumineux un groupe de danseuses aux costumes flamboyants. Or la caméra ne s'arrête pas et suit à présent une autre danseuse vêtue de noir qui retourne du côté sombre de la pièce. La boucle est bouclée et le piège s'est refermé.
Film après film, des cinéastes iraniens risquent le pire pour rapporter de la tyrannie du régime des mollahs. Chaque fois, on est révolté devant la sinistre absurdité de la répression ; chaque fois on admire le courage des Iraniens et surtout des Iraniennes qui bravent les interdits au quotidien pour recouvrer un semblant de liberté ; enfin… chaque fois on est séduit par le talent d'écriture et la beauté de la mise en scène.
C'est à nouveau le cas ici avec "La femme qui en savait trop" que Nader Saeivar a réalisé clandestinement (il est exilé à Berlin depuis). Co-écrit avec Jafar Panahi, son film conte comment une vieille femme tente, malgré les chantages et les intimidations, de faire condamner un homme qui a tué sa femme.
Interprétée par la célèbre actrice Maryam Boubani, qui a été une des premières à retirer son hijab lors du mouvement « Femme, Vie, Liberté », Tarlan incarne la vielle garde qui, rompue à l'exercice, contourne avec calme chaque ombre noire qui lui impose une morale d'un autre âge. Seules quelques souris invasives déchaînent sa colère. Déterminée, elle ira jusqu'au bout quoi qu'il en coûte… à moins que la jeunesse ne lui montre un autre chemin, nourri d'espoir et de volupté.
Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur
