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LA FEMME DE

Un film de David Roux

Une charge efficace contre l'hypocrisie d'une certaine bourgeoisie catholique et sa déconsidération de la femme

Synopsis du film

Marianne est mariée avec Antoine, avec lequel elle a eu une fille, Laure, adolescente, et un garçon, Tim, encore petit. Dans la demeure de son beau père, qui vient d’enterrer sa femme, elle se réfugie dans les bras de son beau frère, Frank, et se garde bien de se mêler des questions de succession. Une certaine tension s’installe d’ailleurs entre son mari et l’une de ses deux belles-sœurs, Lili, qui trouve qu’Antoine décide de tout sans consulter personne. Alors qu’elle ne voulait pas s’installer dans la maison, Marianne se retrouve à s’occuper de son beau père, qui la prend pour une domestique. Et quand surgit dans leur vie un photographe qu’elle a croisé par le passé, elle va devoir faire des choix…

Critique du film LA FEMME DE

Passé par le Festival de Sarlat 2025, "La Femme De" est un drame psychologique, adapté du roman "Son nom d'avant" d'Hélène Lenoir (Editions de Minuit), et ancré dans une famille bourgeoise. Il est porté par une Mélanie Thierry impériale, dont le personnage, enseveli sous les conventions, semble vouloir s’émanciper d’un milieu toxique. Après une introduction glaçante, montrant l’agression sexuelle d’une jeune femme, qu’un homme tente de forcer à rentrer dans un immeuble, et qui se réfugie dans un bus, nous voila projetés dans un milieu bourgeois où Marianne, mariée avec Antoine, deux enfants, semble déconsidérée, comme épouse mais aussi comme mère. C’est ainsi par petites touches que les motifs qui portent le personnage à suffoquer, sont dévoilés, d’un message du mari qui n’aurait pas été différent pour une secrétaire, à une conversation surprise de sa fille qui dit que les domestiques font tout et elle rien.

L’effacement de cette femme, réduite à la pièce rapportée, n’ayant voie au chapitre ni en matière de lieu de vie ni en termes d’éducation, encore moins de dépenses, prendra une dimension particulière sur la fin, questionnant intelligemment sa capacité à enfin s’émanciper. D’autant que l’apparition du personnage interprété avec douceur par Bastien Bouillon (plus caméléon que jamais) sera ici plus un révélateur qu’autre chose, n’emmenant pas le film vers les contrées attendues. Les jolies scènes d’échanges avec lui (dont une illustrée par le seul vrai flash-back du film), permettront d’ailleurs l’expression d’une profonde amertume, dénonciation en règle du fonctionnement d’un milieu où l’homme est roi, dominant ou ignorant la femme de génération en génération.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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