LA FEMME DE MÉNAGE
Un sujet fort et bien traité, pour un suspense un peu mou et éventé
Synopsis du film
Millie est prête à tout pour trouver un travail, y compris à mentir sur son CV. Elle parvient à se faire embaucher comme femme de ménage chez les Winchester, une riche famille d’une banlieue pavillonnaire. Mais Nina, la mère de famille, semble elle aussi avoir ses secrets. Entre sautes d’humeur à tendances schizophrènes et soupçon de liaison de son mari avec sa femme de ménage, c’est bientôt un duel implacable qui se joue entre les deux femmes…
Critique du film LA FEMME DE MÉNAGE
Adapté du roman éponyme de Freida McFadden, vendu à plus d’un million d’exemplaires en France, "La femme de ménage" ne devrait pas avoir de mal à trouver son public. Mais il pourrait dérouter les amateurs de l’œuvre de Paul Feig, que l’on connaît surtout pour ses comédies loufoques mettant en scène des personnages féminins au caractère bien trempé, notamment "Mes meilleures amies", "Spy" ou le remake féminin de "S.O.S. fantômes". Si les femmes ont toujours la part belle dans son dernier métrage, force est de constater qu’il tient davantage du thriller psychologique fincherien que de la comédie potache. Après les deux volets de "L’ombre d’Émilie", qui exploraient un peu ce registre, Paul Feig semble faire un pas de plus hors de sa zone de confort.
Par certains aspects, on sent tout de même le réalisateur de comédie derrière ce thriller tendu. Notamment dans les personnages écrits à gros traits, comme celui de la bourgeoise des banlieues pavillonnaires, interprétée par Amanda Seyfried que l’on sent parfois en roue libre, ou de son mari, incarné par Brandon Sklenar, vraiment trop parfait pour être honnête. Un manque de subtilité que l’on retrouve un peu partout et qui évente bien souvent les rebondissements et les révélations. Un thriller post #metoo sans suspense, mais qui traite bien ses thématiques. "La femme de ménage" nous parle ainsi de la place de la femme dans la société et dans la famille, en évitant quelques poncifs du genre et le mythe de la solidarité féminine contre le patriarcat. Dans cet univers où tout le monde à quelque chose à cacher et doit lutter bec et ongles pour obtenir ce qu’il désire, c’est chacun pour soi et dieu pour tous. À moins qu’il ne reste un soupçon d’humanité quelque part, qui pourrait tempérer une vision par trop pessimiste de notre monde actuel.
Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur

