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LA CHALEUR

Un récit lumineux et pétri de souvenirs, mais un peu le cul entre plusieurs transats

Synopsis du film

La chaleur de l’été est accablante dans le camping des Landes où Marouane passe ses vacances avec ses parents, logeant dans une petite tente à côté de leur caravane. Pour son dernier soir avant le retour, il abandonne la pool party et décide de se coucher tôt, laissant en plan son pote Noé, obsédé par son appli de rencontre, et préférant se payer une petite branlette sous sa tente. Mais alors que ses parents son rentrés, et que sa petite sœur fait semblant de dormir à la belle étoile, il décide de ressortir. Interpellé par un ado de son âge, perché sur le haut des toboggans, il se retrouve à tenter de récupérer sa e-cigarette, puis sa sacoche, entraînant la chute accidentelle du garçon…

Critique du film LA CHALEUR

"La Chaleur" est le nouveau long métrage de Stéphane Demoustier, sortant sur les écrans à peine sept mois après le succès critique et public de "L’Inconnu de la Grande Arche". L'histoire Marouane, même si elle sent le vécu dans la finesse de représentation de pulsions et d'hésitations de jeunesse, au sein d'un lieu autant symbolique des amours de vacances, se double rapidement d'un petit aspect thriller. En effet, le garçon, aperçu par une bande de jeunes se rendant à la mer, les rejoint un temps, avant de retourner sur les lieux de la chute et de se débrouiller pour enterrer le corps dans le sable, près d’un bunker. Le lendemain, alors que ses parents ne cessent de repousser le départ, son esprit est divisé entre deux préoccupations : veiller à ce que le corps ne réapparaisse pas et répondre aux avances d'une belle italienne, qui doit elle aussi repartir dans le journée.

Si le film séduit par son mélange de suspense, de réalisme des amours adolescents et d'humour décalé principalement lié au pote obsédé par le fait de baiser (une récurrence bienvenue), certains hasards semblent un peu téléphonés (pourquoi la jeune italienne ne part-elle pas le jour même...), l’histoire autour du téléphone n'est pas d'une clarté évidente la faute à certains dialogues (« t’en as combien… » dit un pote) et la conclusion résonne presque comme un remontage hâtif pour garder la morale sauve (aurait-on rajouté in-extremis la voix-off de la fin ?). Si l'histoire ne manque pas de saveur, le film souffre de cette bipolarité de l’histoire, entre l'inquiétude pour le corps enseveli et l’éveil des sens, qui prend naturellement son rythme autour de l'annonce d'un orage dévastateur. Peut-être le scénario aurait-il mérité d’élargir l’action sur plusieurs jours, au lieu de la concentrer sur seulement 36 heures.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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