TOP : 10 FILMS MARQUANTS DE LA CARRIÈRE DE JODIE FOSTER bannière © Claire Fridkin (licence CC-BY-SA-4.0)

LA BONNE ÉTOILE

Un film de Pascal Elbé

Qu’il est doux d’être juif sous l’occupation… ou pas

Synopsis du film

Après la défaite de 1940 où il s’est fait déserteur, Jean Chevalin vit dans la misère avec sa femme et son fils. Jaloux des « privilèges » accordés aux juifs, cachés, nourris et blanchis par la résistance, il décide de se faire passer pour un israélite et de changer son nom en Jacob Chevalovitch…

Critique du film LA BONNE ÉTOILE

Avec un concept pareil on aurait pu craindre le pire. Sans aller jusqu’à poser l’éternelle et insoluble question « peut-on rire de tout », on est obligé de constater que l’histoire d’un pitre naïf qui croit que c’est trop cool d’être juif en 1940 comportait quelques risques de verser dans un humour du plus mauvais goût. Pascal Elbé l’aura bien sûr compris, car de fait on ne rit pas du malheur des juifs mais de la bêtise du protagoniste qui entend exploiter la misère humaine à son profit. Un rôle qui va comme un gant à un Benoît Poelvoorde plus à côté de ses pompes que jamais. Les « vrais » juifs, notamment un père de famille interprété par Pascal Elbé lui-même, ne prêtent eux guère à rire. Le métrage parvient d’ailleurs également à ménager quelques parenthèses sérieuses, sans pour autant tomber dans un misérabilisme qui sied mal à la comédie.

Car le but ici est évidemment de faire rire le public. Exercice ô combien difficile, avouons-le. Benoît Poelvoorde qui enchaîne les gaffes lors d’un repas avec ses nouveaux coreligionnaires c’est un peu facile et ça ne prête guère plus qu’à sourire. En revanche la milice française qui peint des étoiles de Noël (5 branches) sur les façades des commerces juifs, parce qu’aucun d’entre n’a jamais vu une étoile de David (6 branches), c’est inattendu et hilarant. Et en plus ça en dit long sur la stupidité des fascistes de tous poils, dont la haine n’a d’égal que l’ignorance. "La Bonne Étoile" est une comédie familiale qui ne fait pas mouche à tous les coups, mais qui a le mérite de réussir à faire rire sur un sujet des plus sérieux. Un jeu d’équilibrisme duquel Pascal Elbé se sort avec les honneurs.

Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur

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