LA BATAILLE DE GAULLE : J'ÉCRIS TON NOM
Le digne successeur d’un premier volet épatant
Synopsis du film
Après avoir réussi à rassembler autour de lui les Français souhaitant continuer la lutte contre les nazis, le général De Gaulle n’est toujours pas le chef incontesté de la France libre. Depuis Casablanca, le général Giraud, commandant l’armée française d’Afrique, entend prendre la tête du gouvernement provisoire. Il a l’appui des Américains qui projettent d’occuper militairement la France après la guerre et de la transformer en état vassal…
Critique du film LA BATAILLE DE GAULLE : J'ÉCRIS TON NOM
Le deuxième volet du diptyque pharaonique consacré au général De Gaulle ne se sera pas fait attendre. Sa sortie, d’abord prévue un mois après celle du premier opus, a finalement été avancée d’une semaine. Et c’est tout aussi bien parce qu’on était très impatient de découvrir la suite de ce blockbuster qui avait su tenir ses promesses. Les dimensions dantesques du projet (plus de cinq heures en tout) justifient une division en deux parties et expliquent que l’ensemble forme un tout très cohérent. Il n’y a guère plus à ajouter sur les nombreuses qualités que nous avions soulevées dans notre critique du premier volet et qui sont toujours les mêmes. Les séquences de batailles sont toujours aussi époustouflantes, Simon Abkarian toujours aussi convainquant sous le képi du général et Antonin parvient encore une fois à résumer simplement des enjeux géopolitiques épineux.
Quelques nuances viennent cependant marquer une rupture entre les deux volets. La principale tient à la représentation du général De Gaulle qui tenait beaucoup du héros picaresque dans la première partie. Le personnage perdu et ridiculement mal préparé à l’ampleur de la tâche qui lui incombe a laissé la place à un homme davantage rompu aux usages de la politique et qui possède de solides arguments pour prétendre à prendre le contrôle de la France libre. Une évolution du personnage qui suit finalement le cheminent logique d’un récit uniquement divisé pour des enjeux de distribution en salle. Il en découle une rupture dans le ton, qui se veut moins comique dans cette deuxième partie. Notons également que le personnage de Churchill, qui contribuait beaucoup à mettre un peu de drôlerie dans ces luttes de pouvoir, est forcément contraint de laisser un peu de place à un Roosevelt ténébreux qui entre en scène tardivement.
Sous-titré en référence au célèbre poème de Paul Eluard « Liberté », le film s’achève sur la libération de Paris en septembre 1944. Un évènement qui ne marque en rien la fin de la seconde guerre mondiale, et encore moins celle du parcours politique de Charles De Gaulle, mais qui symbolise cette liberté enfin retrouvée, but ultime de tous les personnages qui nous ont été présenté, du général Leclerc à Jean moulin, en passant par le tirailleur sénégalais anonyme. Antonin Baudry dresse le portrait d’une cause qui a transcendé bien des clivages. La dernière scène nous montre De Gaulle et Churchill se recueillant devant la tombe du soldat inconnu, avant que la place de l’étoile ne redevienne telle qu’elle est aujourd’hui. Peut-être le signe que le temps est à nouveau venu de laisser de côté les divergences pour se rassembler autour de valeurs communes.
Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur
