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L'OBJET DU DELIT

Un film de Agnès Jaoui

Une confrontation des points de vue qui s'appuie trop sur la caricature

Synopsis du film

Une jeune créatrice de mode, Mirabel, tente de diriger une nouvelle production de l’opéra « Les Noces de Figaro« , alors que son chef d’orchestre, Igor, s’inquiète de la liste de 10 agresseurs sexuels qu’une autre artiste s’apprête à révéler, que le producteur, Poirier, espère coucher avec elle, et que la jeune première, Sophie, fille d’un mécène envahissant, a bien du mal dans ses prestations. Mais lors des répétitions le chanteur vedette italien, Piazzoni, est accusé d’agression sexuelle sur Sophie, avec laquelle la metteuse en scène lui demandait pourtant d’être plus entreprenant. Les conflits d’opinion éclatent, mettant en danger l’avenir du spectacle…

Critique du film L'OBJET DU DELIT

Dernier film hors compétition montré au Festival de Cannes, "L'Objet du délit" d'Agnès Jaoui, souffre de vouloir montrer trop de points de vue contradictoires, autour d'une répétition où le chanteur a sans doute un peu trop serré la jeune première, mais devait aussi composer avec les injonctions d'être plus entreprenant, venant de la metteuse en scène. Mettant face à ce sujet du contact avec le corps de l'autre, y compris dans le spectacle (et par ricochet dans le cinéma), qui permet de questionner légitimement la limite et l'accord du contact en question, un véritable harcèlement, conscient, de la part du producteur, embarquant une partie de l'équipe dans ses combines, par son autorité, Agnès Jaoui, à l'écriture notamment avec Emmanuel Salinger, Laurent Jaoui, Noé Debré et Florence Seyvos, met maladroitement au même niveau les deux actes, tentant de souligner par l'humour et la caricature dans ses personnages, les excès d'emballement autour du premier.

Rapidement, si elle semble par son propre personnage, vouloir incarner la sagesse et l'équilibre, on commence à rire jaune face aux féministes enragées qui se limitent à cela, et pire, au ridicule qui entoure sa metteuse en scène, Mirabel (Claire Chust), décrite comme simplette, parlant par mots clés, et finalement capable d'une seule originalité dans sa "vision" du spectacle : des colonnes en forme de bites noires, qui ondulent soudainement. Si le principe amuse au départ, cela dure seulement un temps, et ne fait que confirmer le statut d'imposteure de cette influenceuse, mannequin et autre. Si certaines répliques font mouche et les personnages d'Oussama Kheddam et Lucie Gallo séduisent, on se dit que Daniel Auteuil a un rôle bien peu épais à jouer, tout comme Eye Haïdara d'ailleurs. Mesurer les contradictions de l'époque, tout en soulignant l'importance de la parole des victimes et le fait que les temps ont changé, était une intention noble. Mais "L'Objet du délit" reste une comédie maladroite, qui souffre de sérieuses longueurs, et qui voulant embrasser trop de points de vue, force ainsi le trait pour un résultat mitigé.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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