L'INFILTRÉE
Ahmed Sylla en pleine forme, dans une comédie entre moments convenus et osés
Synopsis du film
Maxime a tout fait pour intégrer le SIAT, service de police réalisant des missions d’infiltration. Mais il a toujours échoué au concours, restant cantonné dans un job administratif subalterne dans un bureau. Alors qu’un trafiquant de drogue décide de balancer Tonton, trafiquant discret entouré uniquement de femmes de main, la policière qui doit s’infiltrer parmi elles est victime d’un accident et la commissaire, à court de femmes noires, a l’idée de travestir Maxime, lui promettant un appui pour intégrer par la suite l’équipe. D’abord réticent, celui-ci finit par accepter et se retrouve dans le même fourgon de transfert qu’une des femmes de main de Tonton, chargé de s’évader avec elle, grâce à la complicité d’un policier…
Critique du film L'INFILTRÉE
Présenté au Festival de l’Alpe d’Huez hors compétition, de nombreuses avant-premières ayant eu lieu un peu partout en France en début d’année, "L'Infiltrée" est le premier long métrage réalisé par Ahmed Sylla. Une comédie qui a pour base le travestissement d’un homme en femme, pour les besoins d’une enquête sur un dealer et ses femmes (et non hommes) de main, puisqu’il n’est entouré que de femmes musclées. Un film qui se pare aussi des codes du film policier et du film de deal, impliquant ici un réseau de salons de beauté. Un double point de départ qui amène ici autant de gags convenus (petite voix fluette et manières, difficultés à marcher avec des talons, séance de potentielle épilation, passage avec les boules de Geisha…), que son lot de surprises.
Au rayon de celles-ci figure la commissaire odieuse et sans vergogne interprétée par Michèle Laroque, méprisant son adjoint (Amaury de Crayencour), et surtout le dealer Toton, chauve et à la barbe trop nette, obsédé par les shampoings et ne terminant jamais ses phrases de menace (un comique de répétition qui fonctionne plutôt bien). Le rappeur Kaaris s’avère au final aussi amusant que flippant dans ce rôle. "L’Infiltrée" s’enlise par moments dans l’humour graveleux, censé incarne la maladresse du personnage de Maxime en amour (celle de son cousin, incarné par Ichem Bougheraba, bien plus lourde mais originale, aurait peut-être mérité d’avoir un peu plus de place), ceci donnant pourtant quelques scènes irrésistibles (voir les conséquences d’un soudain chant de Christophe Maé…). Dans l’ensemble, Ahmed Sylla réussit les scènes d’action, rythmées, même si sans grande surprise, et surtout s’en donne à cœur joie dans le rôle de Lupita, et constitue du coup le principal intérêt du film.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
