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L'HOMME QUI A VU L'OURS QUI A VU L'HOMME

Un film de Pierre Richard

Le vieil homme et la mer et l’ours

Synopsis du film

Grégoire a tout quitté il y a quinze ans pour vivre dans une modeste cabane de pêcheur. Il passe l’essentiel de ses journées dans sa barque en compagnie de Michel, un jeune garçon atteint du syndrome d’Asperger. Un ours échappé du cirque va venir perturber leur quotidien. La gendarmerie est sur ses traces, mais Michel ne veut pas qu’on lui fasse du mal…

Critique du film L'HOMME QUI A VU L'OURS QUI A VU L'HOMME

C’est avec une vive curiosité que le public cannois a pu découvrir la nouvelle réalisation de Pierre Richard, la première depuis plus d’un quart de siècle. Du moins pour ceux qui n’ont pas eu la malchance de voir leur séance déprogrammée à cause de la coupure de courant qui, on s’en souvient, avait perturbé le bon déroulement du festival pendant une grosse matinée en son dernier jour. Si Pierre Richard semble toujours aussi présent sur nos écrans, à 91 ans, on ne peut s’empêcher de penser qu’il s’agira probablement là de son dernier film derrière la caméra. Ce qui confère ainsi à "L’homme qui a vu l’ours qui a vu l’homme" une aura de film testament.

On pourrait également y voir un passage de relai de la part du vieux briscard qui, en bon soixante-huitard, n’a jamais été tendre vis-à-vis les dérives et les abus des classes dirigeantes, envers la nouvelle génération, incarnée ici par le jeune Timi-Joy Marbot, porteuse d’un idéal et déterminée à le défendre. C’est en tout cas l’intention affichée derrière cette histoire, mais force est de constater que Pierre Richard se montre bien moins incisif qu’il n’a pu l’être par le passé. L’ours qui aurait pu (ou dû) devenir le symbole d’une nature victime de l’emprise de l’espèce humaine, n’apparaît finalement que comme un paisible plantigrade avec qui on peut faire copain-copain. Jamais le spectateur ne ressent le danger qui pèse sur l’animal et qui motive le personnage de Michel à agir.

C’est sans doute la faute à une histoire trop courte et qui se perd dans des intrigues secondaires peu intéressantes, à l’image des parenthèses sur le couple de bouchers qui n’a semble-t-il rien à voir avec l’intrigue principale ou de l’enjeu autour de la signature d’un document qui n’aboutit jamais. "L’homme qui a vu l’ours qui a vu l’homme" se révèle être un conte philosophique maladroit et une comédie qui peine à faire mouche. Mais pas de quoi ternir l’image de Pierre Richard, une des dernières grandes icônes du cinéma français, dont la carrière, au moins en tant qu’acteur, n’est pas encore terminée.

Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur

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