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L'ÉCOLOGIE DES SENTIMENTS

Un film de Alexandre Steiger

Un premier film réussi grâce à un univers doucement absurde et un propos intelligent

Synopsis du film

Félix travaille dans un petit hôtel parisien tenu par son père. Mis à part ses fréquentes crises d’angoisses, notamment dues à sa claustrophobie, ses journées sont plutôt monotones. Jusqu’à ce que débarque Lola, une activiste écologiste qui projette de perturber le salon de l’agriculture…

Critique du film L'ÉCOLOGIE DES SENTIMENTS

Alexandre Steiger est un visage connu du cinéma français, grâce à de nombreux second rôles, le plus souvent dans des comédies légères ("Iris et les hommes", "Le larbin", "Le beau rôle"). Le voici désormais réalisateur, avec déjà deux courts-métrages à son actif et "L’écologie des sentiments" qui constitue son premier long. Une comédie sentimentale doucement absurde qui n’est pas sans rappeler certains films dans lesquels on a pu le voir (en particulier "Perdrix"). Tandis que la photographie et les décors font fortement penser à "The grand Budapest Hotel" de Wes Anderson, Steiger ayant également tenu un petit rôle dans "The french dispatch". Les parallèles avec l’univers de Wes Anderson ne manquent pas, comme l’apparent non-jeu des acteurs qui contribue à dresser le portrait d’une société amorphe. Et que dire de la coupe de cheveux du protagoniste, campé par Andranic Manet, certes assez moche, mais qui rappelle fortement celle d’Anderson lui-même.

Si le ton du film est surprenant, le propos l’est nettement moins. Il apparaît vite évident que les deux jeunes héros, Félix et Lola, vont résoudre leur problème existentiel au contact l’un de l’autre, comme dans toute bonne comédie romantique. Félix est un jeune homme perturbé par l’absence de sa mère et qui souffre d’un manque de confiance en lui. L’assurance communicative de Lola aura de nombreux bienfaits. De son côté, la jeune femme semble emprisonnée par son combat pour la protection des animaux et de la nature, qui entraîne chez elle un mépris de l’humanité et donc un repli sur soi. À ce titre, l’intéressante réflexion sur l’écologie aurait mérité d’être davantage approfondie. On retiendra cependant que le réalisateur présente une écologie davantage sensorielle, et non comme une posture intellectuelle et militante. Au même titre que le sentiment amoureux, l’écologie est une chose que l’on vit intérieurement, mais qu’on voudrait partager avec toute la joie qu’elle entraîne. "L’écologie des sentiments" est ainsi une comédie rafraîchissante sur l’amour sous toutes ses formes, entre deux êtres ou entre l’Homme et la nature. Finalement peut-être que c’est l’amour qui sauvera le monde.

Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur

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