L'ARNAQUEUSE
Josiane Balasko au top dans une comédie enthousiasmante
Synopsis du film
Fanny, trentenaire, n’en peut plus de vivre avec son petit ami Virgil dans l’appartement surpeuplé de sa famille. Apprenant qu’elle est enceinte, elle se met en quête d’un appartement à Paris. Après quelques temps de galère, elle découvre le principe du viager, et après 2 visites, tombe sur une vieille dame atteinte d’un cancer en phase 4 et hospitalisée à domicile, avec perfusions et respirateur. Elle décide alors de signer rapidement, persuadée que la vieille va bientôt mourir et qu’ils pourront rapidement profiter de l’appartement. Mais Ophélie et Virgil découvrent que celle-ci est en réalité non seulement en pleine forme mais aussi pleine aux as. Ils décident alors de faire disparaître les trois exemplaires du contrat…
Critique du film L'ARNAQUEUSE
Passé par le Festival de l’Alpe d’Huez en janvier dernier, où il était en compétition, "L’Arnaqueuse" est une comédie enthousiasmante qui permet à Josiane Balasko de retrouver un rôle à la hauteur de son talent. Car la roublarde du titre c’est elle, bien plus professionnelle que l’on pourrait le croire au premier abord, au contact de laquelle Ophélie va finalement être à bonne école, histoire de ne pas être parmi les victimes d’une société où il y a des requins et des proies, des riches et des pauvres, exploités. L’exploitation prend ici la forme d’un achat d’appartement en viager, avec assistant factice (Amaury de Crayencour) et vieille dame faussement mourante. Une aubaine apparente pour qui a connu les galères de la recherche d’appartement à Paris, synthétisées ici en quelques scènes, autour de files d’attentes sur toute la hauteur d’escaliers et de conditions exorbitantes pour un taudis.
La suite du métrage, une fois le pot aux roses découvert, permettra d’alterner dans la comédie entre la tentation d’éliminer la vieille, les pistes pour échapper aux obligations du contrat et une autre voie, plus surprenante. Créant ainsi un tandem d’ennemies aux intérêts convergents, le scénario permet aux trois personnages principaux d’exister, de la dynamique Fadily Camara dans le rôle d’une Ophélie plus combative qu’attendu, à un Jean-Pascal Zadi plutôt inspiré niveau répliques et répartie (quand la vieille affirme « tous mes amis sont partis », il questionne « à l’EHPAD ? ») et pas si naïf ou passif, en passant par Josiane Balasko, délicieusement narquoise, ironique et maline, dans celui de Mme Massena. Et c’est sans compter quelques apparitions croustillantes, comme celle de Bertrand Usclat (une vidéo promo excellente). Rythmé et gentiment ironique, notamment autour de la notion de décès, "L’Arnaqueuse", nouvelle comédie de Wilfried Meance ("Et plus si affinités", "Jumeaux mais pas trop"), cette fois en solo à la réalisation, pourrait bien être la comédie surprise des vacances de Pâques.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur


