TOP : 10 FILMS MARQUANTS DE LA CARRIÈRE DE JODIE FOSTER bannière © Claire Fridkin (licence CC-BY-SA-4.0)

L'ARBRE DE LA CONNAISSANCE

Un film de Eugène Green

Peut-être plus captivant si on trouve l’arbre avant…

Synopsis du film

Un adolescent de Lisbonne, Gaspar, fugue et accepte d’aider un homme surnommé « l’Ogre », qui a fait un pacte avec le Diable pour obtenir le pouvoir de transformer les humains en animaux. Ciblant les touristes, il les tue ensuite pour les manger. Gaspar questionne rapidement son implication, d’autant qu’il s’attache à un chien et une ânesse que l’Ogre veut abattre…

Critique du film L'ARBRE DE LA CONNAISSANCE

Avec un adolescent comme personnage central, le nouveau long métrage d’Eugène Green est un conte entre merveilleux et récit d’apprentissage, que l’on peut regarder comme une simple fantaisie sans prétention. Cependant, il est clair que le film est farci de références variées, et ces renvois sont diamétralement opposés : soit tellement identifiables qu’ils en deviennent quelque peu naïfs (l’ogre, la sorcière, l’arbre de la connaissance avec le serpent…), soit nécessitant des savoirs relativement pointus au point de se sentir exclu du film si on ne les a pas (c’est particulièrement le cas pour les dialogues qui évoquent l’histoire et la culture du Portugal).

Le film mêle constamment une certaine simplicité qui confine à l’amateurisme (l’interprétation souvent statique, quelques décors grossiers, des longs gros plans sur de faux titres de presse d’aspect rudimentaire…) et une apparente prétention intellectuelle qui frise la métaphysique ou l’ésotérisme. Il en résulte une difficulté à savoir s’il faut prendre le film au sérieux ou le considérer comme une fable potache. On ne sait pas non plus sur quel pied danser d’un point de vue du discours. Par exemple, il est ironique qu’un film aussi artificiel fasse la critique (trop) explicite d’un tourisme de masse qui dénature Lisbonne et la culture portugaise : le factice est-il seulement louable quand il est délibérément créé comme tel ? L’ambiguïté demeure aussi dans les allusions à des courants de pensée contemporains (féminisme, végétarisme, écologisme…) : sont-ils moqués ou encensés ? Dans tous les cas, c’est bien trop fugace pour que ce soit pertinent de les mentionner…

Malgré tout, Eugène Green parvient à captiver ça et là pour son univers baroque, notamment pour sa manière de faire coexister de manière cocasse le merveilleux et le monde moderne, égratignant au passage son pays d’origine (avec une courte caricature du Trump dans un article fictif) et plus largement la modernité. "L’Arbre de la connaissance" s’avère d’ailleurs bien plus limpide (et plus régulier) quand il s’agit de faire la satire du capitalisme et de la loi du marché – on retiendra d’ailleurs le business de la sorcière parmi les meilleures scènes.

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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