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L'AGENT SECRET

Un film policier aussi politique que palpitant

Synopsis du film

Brésil, 1977. Marcello, la quarantaine, arrive sous une autre identité à Recife, où il est pris en charge par Dona Sebastiano, comme d’autres personnes menacées de mort. Son fils, lui, est caché chez Monsieur Alexandre et il espère pouvoir le retrouver prochainement. Mais entre la police et divers tueurs, son sort n’est pas figé…

Critique du film L'AGENT SECRET

La scène d’ouverture de "L'Agent Secret" donne le ton : sous un soleil de plomb, Marcello s’arrête à une station service dans un lieu à moitié désertique. Là, un cadavre git sous des cartons, attendant depuis deux jours qu’on l’enlève. Mais lorsque des policiers arrivent, ceux-ci ne sont pas là pour ça, et la tension augmentent, Marcello espérant quitter les lieux au plus vite. Alors qu’il fait l'objet d'un contrôle, la caméra s’attarde sur quelques détails, de l’attitude d’un des policiers, demandant un don pour le carnaval de la police, aux traces de sang sur sa chemise. De ce principe d’oppression Kleber Mendonça Filho ("Bacurau", "Aquarius") va user à plusieurs reprises dans ce film de traque, aussi politique qu’historique, notamment lors d’une scène magistrale dans les archives, où un tueur semble reconnaître le protagoniste. Tétanisé, le spectateur n’a alors qu’une idée en tête, comme le personnage, s’interrogeant sur les issues possibles.

Impressionnant dans le détail de reconstitution d’une époque, impactant dans la représentation d’une violence et d’un état de menace permanent liés à un Etat et une police gangrenés par la corruption, "L’Agent Secret" est en réalité autant un film politique qu’un film policier haletant digne des grands films des années 70 ("L’aveu", "Missing"…), évoquant au passage les nombreuses manière de faire disparaître des opposants. Il aura non seulement valu à son réalisateur le Prix de la mise en scène à Cannes, en mai dernier, mais également à son acteur principal un évident Prix d’interprétation masculine. Wagner Moura, que l’on a pu voir dans des films musclés comme "Troupe d’Elite" ou "Civil War", en pompier gay dans "La Plage du désir" ("Praia do Futuro") de Karim Ainouz ou dans la série "Narcos", est en effet ici impressionnant de fébrilité retenue et de persistance, dans ce rôle de père tâchant d’échapper à un sort fatal afin de retrouver son fils. En attendant les Oscars, les premiers prix ou les nominations aux Golden Globes annoncent déjà un triomphe pour le film à l’internationale, qu’il lui faudra sans doute partager avec "Un Simple Accident" et "Valeur Sentimentale", les deux autres films majeurs cannois. Espérons en tous cas que le public lui fera aussi un accueil favorable en salles.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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