L'AFFAIRE ZANETTI
Un duo franco-italien pour une troublante histoire de culpabilités
Synopsis du film
Elisa Zanetti, italienne amnésique enfermée à la prison de Moncaldo depuis 10 ans, accepte de rencontrer un professeur français, M Alaoui, criminologue, afin de participer à ses recherches. Le premier souvenir qui lui est revenu est une image de sa soeur, en feu. Entre l’enquête du professeur et les échanges avec Elisa, d’autres vont peu à peu refaire surface…
Critique du film L'AFFAIRE ZANETTI
Passé l'an dernier par la compétition Festival de Venise, d'où il est reparti avec le prix du jury œcuménique, "L'Affaire Zanetti" s’appelait alors "Elisa", du nom d'un des deux protagonistes, celle qui purge des années de prison pour le meurtre de sa sœur, dont le corps a été retrouvé calciné. Partant des théories du professeur, incarné par Roschdy Zem, selon lesquelles les sentiments de justice et les sentiments de culpabilité sont tous deux relatifs, l'intelligent scénario et la délicate mise en scène de Leonardo Di Costanzo ("Ariaferma", "L'Intrusa", "L'Intervallo") va faire s'entrecroiser les échanges entre les deux personnages et les flash-back sur des événements passés (au souvenir ponctuellement retrouvé), ajoutant l'incursion d'une autre femme (Valeria Golina, toujours impeccable) dont le fils a été tué, qui éprouve elle un sentiment de culpabilité concernant sa propre rancœur et l'entretien qu'elle en fait.
Inspiré de l'histoire de Stéfania Albertini (fait divers datant de 2009 en Italie), le film offre une intéressante réflexion sur le sentiment de culpabilité et la capacité de chacun à maîtriser sa colère, ainsi que sur le maintien des liens familiaux, autour d'une histoire de devenir d'une entreprise familiale. Le choix de disposer l'intrigue dans une ambiance apaisée, notamment celle d'une prison où les extérieurs jouent un grand rôle, rajoute au côté réfléchi et dépassionné de l'ensemble, malgré l'attrocité des meurtres. Présentant les souvenirs de manière relative au travers de certains flash-back, c'est moins la vérité qui intéresse Di Costanzo que le ressenti des proches de victimes (comme ce père qui rend visite à Elisa deux fois par semaine, ou cette mère qui refuse de lire les lettres des assassins de son fils...) que des coupables. Saluons en tous cas la prestation de Barbara Ronchi ("Familia", "L'Enlèvement", "Miele"), enfermée dans une certaine tropeur, dans le rôle principal.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
