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KOGIS, ENSEMBLE POUR SOIGNER LA TERRE

Un film de Alexandre Bouchet

Une rencontre nécessaire, pour un documentaire intrigant

Synopsis du film

Venue des montagnes de la Sierra Nevada en Colombie, où vivent en autonomie 70 000 indigènes, 5 membres de la communauté des amérindiens Kogis viennent à la rencontre de scientifiques, écologues et autres philosophes européens, avec lesquels ils vont suivre le Rhône, du glacier suisse où se situe sa source, au delta de Carmargue où il se jette dans la mer. Une rencontre entre savoirs traditionnels et modernes qui permet de réinterroger le rapport de l’être humain à la nature, au travers du fonctionnement des écosystèmes…

Critique du film KOGIS, ENSEMBLE POUR SOIGNER LA TERRE

Il faut passer quelques minutes du début pour se faire au doublage par voix superposée, trahissant la facture télévisuelle du métrage, pour commencer à s’immerger dans ce passionnant périple, à hauteurs d’être humains. Il faudra aussi accepter le principe d’égalité de civilisations (pour l’une « première » ou « racine », pour l’autre bardée de technologies et de calculs scientifiques), tout comme la posture humble imposée par la considération des Kogis envers les autres peuples comme des « petits frères » et adoptée ici sans mal par la plupart des protagonistes, tous visiblement à l’écoute. Car si nombre d’affirmations semblent relever du bon sens, notamment le parallèle entre le fonctionnement des écosystèmes et celui de l’être humain, les questions posées par ces visiteurs pour la plupart mutiques, sont souvent troublantes, menant à s’interroger sur des solutions de restauration écologiques aujourd’hui nécessaires.

La photographie est bien entendu léchée, certains effets pas très utiles (les rochers qui se disloquent ou vibrent), la musique omniprésente au début se fait heureusement plus rare, et les échanges sont riches, soulignant le lien incroyable entre peuples racines, pourtant situés à deux bouts de la planète (voir la visite initiale du site sacré en Corse). Quant au trajet suivi, il parlera forcément à chacun, vue sa proximité géographique, abordant la compréhension de la matière (le passage au CERN, les sources radioactives…), les méfaits de l’exploitation minière, ceux des barrages sur l’évolution et la vie dans les rivières, ainsi que les avantages d’une renaturation (la Feyssine à Lyon…) résonnant comme une possibilité redonnée à la nature de « respirer ». Chaque élément composant la nature est ici considéré comme vivant et donc essentiel à l’équilibre et à la paix avec la nature. Un discours qui traverse ce documentaire intrigant, qui n’évite pas de nombreuses redondances dans les témoignages, mais qui a le mérite de remettre l’Homme à sa petite place.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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