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KISS OF THE SPIDER WOMAN

Un film de Bill Condon

L’araignée qui ne mord pas

Synopsis du film

Valentín, prisonnier politique, partage sa cellule avec un homme qui adore raconter des histoires. Une relation inattendue se noue entre eux, grâce aux récits du second, qui entraînent son codétenu en dehors des murs de sa geôle, jusqu’à plonger dans l’univers d’une comédie musicale hollywoodienne…

Critique du film KISS OF THE SPIDER WOMAN

Les aficionados de la comédie musicale trépignent. Le cultissime show de Broadway, "Kiss of the Spider Woman", auréolé de 7 Tony Awards à sa création, se voit offrir une nouvelle adaptation cinématographique, au casting hispanique glamour, Diego Luna et Jennifer Lopez en tête. Sous la houlette de Bill Condon, habitué des productions chantées (réalisateur de "Dreamgirls" et de "La Belle et la Bête", scénariste de "Chicago"), le film nous présente Valentín, un prisonnier politique incarcéré pour ses idées à l’ère de la dictature argentine. Pour lui tirer les vers du nez, le gardien décide de lui faire partager sa cellule avec un certain Molina, décorateur de vitrines et homosexuel revendiqué (ce qui lui a valu une condamnation pour outrage à la pudeur). Le plan est simple : Molina invente des histoires mettant en vedette l’actrice Ingrid Luna (Jennifer Lopez) pour divertir son nouveau compagnon et en profiter pour récupérer quelques secrets.

Si le film est un bel hommage au pouvoir de la parole et la puissance de l’imaginaire, le résultat s’avère plus douloureux que transcendant, la faute à une absence totale de modernité. Il n’y a rien de mal à assumer son amour pour le kitsch flamboyant des comédies musicales d’époque, mais le métrage se limite à imiter ses aînés, sans jamais en atteindre le brio, enchaînant des numéros dansants paresseux et des séquences maladroites dans la crasse du cachot, sans véritable dialogue entre les deux. Surtout, en se concentrant sur les ronds de jambe et pas de bourrée, Bill Condon oublie complètement sa toile de fond politique, donnant naissance à une œuvre hybride où les mots et les maux se côtoient trop peu pour intéresser au-delà du spectacle certes plaisant à l’écran. Trop mécanique et inutilement long, ce "Kiss of the Spider Woman" a nettement moins de saveur qu’espéré…

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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