KARMA
Un thriller psychologique qui aurait gagné à aller à l’essentiel
Synopsis du film
Jeanne tente de refaire sa vie dans le nord de l’Espagne avec son fils de 8 ans, Mateo, et avec son compagnon, Daniel, qui ne sait rien de son passé. Il y a sept ans elle a fui une secte, abandonnant son mari et deux enfants. Lorsque Mateo disparaît, Jeanne revient dans sa communauté, persuadée qu’elle l’y retrouvera…
Critique du film KARMA
Virage à 180 degrés pour Guillaume Canet réalisateur qui revient avec un thriller psychologique âpre et grinçant, après le ratage complet de la comédie familiale "Astérix et Obélix : l’empire du milieu". Mettant en scène une Marion Cotillard terne et qui ne suscite aucune empathie, "Karma" peine à captiver le spectateur durant ses deux longues heures et demie. Heureusement que Denis Ménochet est là pour voler la vedette à l’héroïne et transmettre la tension qui fait le peu d’intérêt de ce thriller. L’acteur est plus charismatique que jamais dans le rôle du leader de ce qu’on pourrait appeler une secte, en tout cas une communauté vivant selon des principes rigoristes extrêmes et soumise à une hiérarchie implacable. Sa carrure imposante symbolise parfaitement l’emprise qu’il exerce, tandis que le cliquetis du trousseau de clés qu’il porte constamment à la ceinture (autre symbole de son pouvoir) lui donne l’air lugubre d’un geôlier.
Si l’antagonisme est bien présent et contribue à instaurer une atmosphère pesante, la narration se perd dans des détours qui ne servent pas l’intrigue. Ainsi, bon nombre de personnages nous sont présentés mais ne trouvent jamais leur utilité. Nous apprenons dans les premières minutes que Jeanne a confié son fils Mateo à des parents adoptifs et le fait passer pour son filleul aux yeux du monde. Une sous-intrigue qui fait plutôt figure de détour scénaristique alambiqué, les parents adoptifs disparaissant rapidement. C’est aussi le cas du mari que l’héroïne avait laissé en quittant la communauté et dont on nous suggère qu’il pourrait jouer un rôle, ce qui restera une promesse non tenue. Nous pourrions également souligner quelques incohérences, en particulier le fait que Jeanne passe pour une dingo pendant tout le premier acte, alors qu’éloignée de sa secte délétère depuis sept ans et ayant trouvé une relation amoureuse stable sa santé mentale devrait s’être améliorée. Au contraire elle semble retrouver un peu de son bon sens une fois replongée dans la gueule du loup. On comprend mieux pourquoi le film de Guillaume Canet, présenté à Cannes en hors compétition, n’a reçu qu’un accueil mitigé.
Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur



