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KARAN ARJUN

Un film de Rakesh Roshan

Tous les stéréotypes de Bollywood pour notre plus grand bonheur ?

Synopsis du film

Karan et Arjun, deux frères, sont tués dans le cadre d’une rivalité entre deux familles. Au moment où leur mère implore la déesse Kali, deux femmes mettent au monde des garçons, qui sont les réincarnations de Karan et Arjun. Après avoir grandi séparément, ils ont des visions de leur vie antérieure et sont progressivement réunis par un concours de circonstances…

Critique du film KARAN ARJUN

Datant de 1995 et inédit en salles en France, "Karan Arjun" est un exemple typique des films « masala » produits par Bollywood. Tirant son nom du mélange d’épices, ce surnom désigne une mixture cinématographique qui ne se donne aucune limite. Comprenez donc une fusion parfois improbable des genres (drame, comédie, fantastique, romance, action, film musical) et un usage des excès et des clichés jusqu’à l’overdose ! Soit on trouve cela indigeste et grotesque, soit on se délecte de cette fresque délicieusement kitsch, qui réunit par ailleurs trois immenses stars bollywoodiennes alors dans les premières années de leurs carrières : Shahrukh Khan, Salman Khan et Kajol.

Soyons francs : il est relativement difficile de s’émouvoir des aspects tragiques, qui puisent dans la mythologie hindoue et la réalité sociale de l’Inde (la cruauté et l’impunité des castes dominantes, les mariages forcés, les superstitions…), mais également du côté de "Roméo et Juliette" pour l'intrigue. Cela n’empêche pas un certain souffle épique, mais surtout de nombreuses occasions de rire, au premier, deuxième ou troisième degré.

Tout y passe, des répliques stéréotypées aux personnages archétypaux en passant par le jeu sur-appuyé (dont les rires machiavéliques), les effets visuels saugrenus (comme les flashs en image négative) et les scènes invraisemblables. En vrac, citons le méchant ténébreux qui répète indéfiniment « what a joke » quelle que soit la situation pour se donner un style (soulignons au passage que le film est en hindi), le héros qui attaque une voiture de police avec un simple lance-pierre, ou l’antagoniste qui clame que sa façon de tuer va dissuader les dieux d’avoir à nouveau recours à la réincarnation ! Il ne se passe pas plus de quelques minutes sans une raison valable de sourire voire de s’esclaffer, ne serait-ce que pour les incohérences et les erreurs de continuité dans le montage, ou encore les effets de caméra et bruitages abusifs. Comble de la cocasserie : les plagiats musicaux avec la réutilisation régulière du thème du "Dernier des Mohicans", mais aussi de ceux de "Terminator" et "James Bond" et du tube "It’s Alright" du groupe East 17 dans la chanson "Jai Maa Kali" !

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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