JUSTE UNE ILLUSION

Juste un film de passage à l'âge adulte de plus

Synopsis du film

1985, Vincent a 12 ans, c’est encore un enfant, mais il s’apprête à devenir un adulte. Il prend peu à peu conscience des dures réalités de la vie, en observant son père qui fait semblant de ne pas avoir perdu son travail. Il fait l’expérience de l’amour au contact d’Anne-Karine, une jeune fille de bonne famille alors qu’il est un fils d’immigré vivant dans une banlieue HLM. Et il prépare sa bar-mitzvah du mieux qu’il peut, sur le peu de temps libre que tout cela lui laisse. Rien n’est facile pour Vincent, mais il a pour lui l’espoir d’un avenir meilleur…

Critique du film JUSTE UNE ILLUSION

Le film de passage à l'âge adulte, sous forme d'autobiographie plus ou moins déguisée, rappelle évidemment certains métrages comme "Trois souvenirs de ma jeunesse" d'Aranud Desplechin, "Été 85" de François Ozon ou "Play" d'Anthony Marciano. Les protagonistes sont toujours les mêmes, un gamin doté d'une grande sensibilité mais un peu asocial et une fille (ou un garçon dans le cas d'Ozon) splendide et inaccessible. Les deux réunis pour une improbable romance, idéalisation d'une jeunesse que les auteurs auraient sans doute voulue différente. Toledano et Nakache prennent un tel plaisir à sauter les deux pieds dans le plat de ce qu'on a déjà vu, et donc de ce qu'on s'attend à voir, qu'on se demanderait presque s'il ne s'agit pas d'une parodie.

On peut exclure cette possibilité face à ce film, qui se prend beaucoup trop au sérieux pour le peu qu'il a à raconter, et qui n'apporte rien de neuf aux différents thèmes qu'il aborde. Que ce soit sur l'adolescence, les liens familiaux ou la religiosité, on est sur du déjà-vu. Pour ne rien arranger, le binôme derrière la caméra se permet certaines séquences, plutôt cool, mais qui ne servent strictement à rien. On se demande bien pourquoi Camille Cottin danse pendant deux minutes sur "I'm so excited" des Pointer Sisters. Sans doute parce que c'est les années 80. Et qu'on faisait ça dans les années 80. Ce qui explique aussi pourquoi toute une sous intrigue tourne autour de la valise RTL. On regrettera également certains plans d'un kitsch qui semble assumé, mais néanmoins ridicule. Le premier baiser sous la pluie, climax de la romance du jeune homme, tombe ainsi à plat.

Une fois qu'on a dit tout ça, il convient tout de même de souligner que "Juste une illusion" est plutôt une bonne comédie. C'est drôle, alors, on ne va pas bouder notre plaisir face à des dialogues qui font mouche ou encore face à la performance d'un Pierre Lottin encore une fois remarquable. Il faut bien dire que sur cet aspect, Toledano et Nakache ne se trompent jamais. En plus d'un humour très bien senti, on pouvait trouver une certaine originalité dans l'univers ou dans les personnages de "Intouchables" ou "Le sens de la fête", ce dont manque malheureusement cruellement leur dernière réalisation. Mais on ne désespère pas de retrouver le duo à son meilleur niveau prochainement.

Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

À LIRE ÉGALEMENT

Laisser un commentaire