JUSQU'À L'AUBE

Un film de Sho Miyake

Une comédie dramatique pleine de tact, pour regarder dans la même direction

Synopsis du film

Misa, jeune femme qui souffre d’un syndrome prémenstruel qui la rend particulièrement agressive, est retrouvée endormie sous la pluie. Prenant des calmants, elle s’endort aussi au boulot, et honteuse, finit par démissionner. Cinq ans plus tard, ayant intégré une petite entreprise qui fabrique microscopes et télescopes, elle fait la connaissance de Takatoshi, qui lui, est sujet à des crises d’angoisses. Tous deux vont alors s’entraider afin d’essayer de surmonter leur stress…

Critique du film JUSQU'À L'AUBE

Il suffit parfois, pour dépasser un traumatisme, ou pour aller mieux, d’un contact avec quelqu’un de bienveillant, qui sait être attentif et faire des propositions rassurantes. Le scénario de "Jusqu’à l’aube", film japonais découvert dans la section Panorama du Festival de Berlin 2024, prend comme point de départ la rencontre de deux stressés, une jeune femme, Misa, et un jeune homme, Takatoshi, amenés à travailler ensemble, mais reconnaissant leurs symptômes car prenant le même médicament. Une rencontre qui va progressivement tout changer, nourrissant une amitié naissante et une entraide devenue indispensable pour penser un avenir, potentiellement ailleurs. Le film s’ouvre sur la voix-off de Misa, seule, et se clôturera d’ailleurs avec celle de Takatoshi, alors qu’ils visionneront en parallèle, mais à distance, un reportage mené sur l’entreprise qui les avait réunis.

Tourné plus vers la comédie dramatique que vers le drame, "Jusqu’a l’aube" est un film plein d’espoir qui amuse autant par la description des symptômes que par les manières plus ou moins détournées d’affronter les sources de stress et de finalement guérir, ou pouvoir vivre avec. Si Misa pète un câble à cause du bruit de l’eau gazeuse ou devant une voiture sale, elle se calme en lavant énergiquement une voiture ou prend soin de Takatoshi en lui coupant (un peu trop) les cheveux… Si Takatoshi stresse en prenant le train, il tient des carnets avec ses pensées sur la nuit. Si les deux interprètes, Hokuto Matsumura et Mone Kamishiraishi, sont à la fois si attachants et si touchants, c’est avant tout qu’ils sont au service de personnages humains, dont l’épaisseur est réelle, entre le deuil de Takatoshi et le désir de Misa de se rapprocher de sa mère. Nourris par un scénario plein de tact, portant quelques jolies scènes poétiques autour d'un planétarium portable, cosigné par le réalisateur Sho Miyake ("La Beauté du geste") et Kiyoto Wada, apprendre à les connaître durant près de deux heures est un vrai petit bonheur.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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