JULIAN
Un premier film poignant et engagé
Synopsis du film
Fleur et Julian tombent éperdument amoureuses. Elles décident alors de se lancer dans un projet un peu fou : se marier dans chaque pays où l’union entre personnes du même sexe est légale. Mais rapidement, leur parcours va s’interrompre et prendre une autre direction…
Critique du film JULIAN
Un amour fulgurant, immédiat, saisissant, organique. Beaucoup en rêvent, quelques-uns ont la chance de le vivre. Fleur et Julian s’inscrivent dans cette deuxième catégorie, leur rencontre est instantanément fusionnelle. Mais le film ne sera pas une comédie romantique, l’image nous indique quelque chose d’autre, la figure du Julian presque capturée comme une ombre implique une nuance qui nous échappe d’abord, avant de nous stupéfier. Construction narrative mêlant images tremblantes au camescope et un cadre maîtrisé d’une mise-en-scène élégante, le métrage est un récit bouleversant sur la naissance d’un sentiment et son oubli, sur le regard qu’on porte sur nous, nos vies, sur notre passé, mais aussi sur l’autre, sur une idylle qu’on sait devoir s’arrêter un jour.
Dans les premiers instants, "Julian" rime avec fougue, les deux protagonistes décidant de se lancer dans l’aventure d’une vie : se marier partout où le mariage entre personnes du même sexe est autorisé. Chronique aussi bien intime que militante, cette première réalisation de Cato Kusters ne recherche pas le discours politique, préférant les êtres aux discours, les yeux aux gestes. Rappelant parfois "Aftersun" dans la manière dont le film s’accapare le pouvoir des images et l’impact émotionnel qu’elles peuvent avoir sur une existence, ce drame belge fait partie des très beaux moments de cinéma de ce début d’année 2026, confirmant par ailleurs tout le talent de la désormais césarisée Nina Meurisse.
Ici, tout se joue dans les nuances, dans les petits détails, dans une sobriété qui ébranle, dans une pudeur qui déchire. La caméra se place toujours au bon endroit, ne cherchant pas à en faire trop, refusant de contaminer son récit par une quelconque artificialité. Les sentiments sont réels, les émois du spectateur également. Brillante réflexion sur la persistance des souvenirs, "Julian" est une œuvre délicate, qui donne déjà très envie de suivre Cato Kusters dans ses prochains projets tant ce premier passage derrière la caméra prend aux tripes et attrape au cœur.
Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur
