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JULIAN

Un film de Louise Bagnall

Mille couleurs pour une personnalité à dessiner

Synopsis du film

Le père de Julian, Javier Joselias, emmène celui-ci en voiture à Brooklyn, dans la maison envahie par les plantes de sa grand mère Carmelo (son abuela), originaire de République Dominicaine. Plein d’imagination, celui-ci s’adapte peu à peu à ce quartier où il va passer l’été et à cette femme qu’il ne connaît pas…

Critique du film JULIAN

Les histoires de sirènes se suivent mais ne se ressemblent pas. Après le documentaire "Sirens Call" autour de cette mode du mermaiding, une fiction française ("Miss Mermaid") et une autre grecque passée par Cannes ("Titanic Ocean"), voici qu’un film d’animation s’engage sur les mêmes pas, en mêlant déguisement en sirène et affirmation d’une personnalité. Car ici Julian est plus intéressé par les jeux des filles (qui dessinent au sol à la craie et préparent le défilé des sirènes, alors que les garçons jouent au basket ball…) et par le dessin et ce qui autour de lui stimule son imagination, que par la cuisine ou la culture de sa grand mère. Pourtant c’est aussi une histoire de complicité qui va ici s'esquisser, entre élans rythmés par la musique (la samba, et d’autres musiques chaleureuses…) et couleurs riches de cette maison envahie par les plantes.

Introduisant un petit personnage imaginaire (Luna), comme amie secrète de ce garçon à part, le récit amène aussi de belle scènes d’orage et de souvenirs de carnaval, qui soulignent le caractère vivant de ce lieu, malgré l’absence d’un « chez soi » lointain pour la grand mère. Cela donne les meilleurs moments du film, déjà évoqués par les vagues vertes qui viennent joliment lécher les logos au générique de début, juxtaposant les vagues de couleurs évoquant le lointain carnaval et un déchirant « au revoir aux eaux chaudes ». Sans en faire trop, le récit s’attarde aussi sur la question de la différence et du harcèlement, aboutissant sur une belle chanson, figure d’affirmation de sa propre identité. Au bout du compte "Julian" est un beau portrait de personnalité en devenir, devant affirmer sa différence, et permettant d’évoquer indirectement les questions de genre.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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