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JOYEUSE FÊTE DES MÈRES

Un film de Garry Marshall

Toutes les nuances de mères

Il y a la mère de famille divorcée, la jeune mère en quête d'identité, la belle mère qui veut se faire une place, la carriériste qui a choisi de ne pas "s'embarrasser" d'un enfant, la mère absente et le couple lesbien qui a fait appel à un donneur de sperme... Des profils différents de femmes qui vont se croiser, dans les parcs et les rues d'Atlanta…

Pour la fête des mères, Hollywood n'a pas pu s'empêcher de sortir un film choral, au casting "alléchant". Il faut dire que la recette fonctionne vu le succès de "Love actually" sur la période de Noël et celui plus relatif de "Valentine's day" sur la Saint-Valentin. Quelle sera la prochaine fête du calendrier à trouver une place sur nos écrans ? Il y en a quelques unes encore en stock !

Le premier ingrédient pour réussir un bon film choral ? Un bon casting d'acteurs bankable. Ici, Julia Roberts et Jennifer Aniston. Ajoutez-y des personnages attachants dont le destin pourrait faire pleurer dans les chaumières et surtout auxquels il est facile de s'identifier. En tête on retrouve la pauvre Jennifer Aniston en mère divorcée, remplacée par une jeune bimbo bien roulée. Enfin, il faut un happy end. De la bonne énergie positive, pour montrer que tout est surmontable et que la vie continue avec le sourire, parce qu'après tout, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

Certes, ce qui semble un peu simpliste peut parfois être efficace, mais là les destins croisés de ces femmes est inintéressant tant ils sont caricaturaux. Entre la femme d'affaires carriériste qui ne veut pas d'enfant et ne sait pas en tenir un dans ses bras, la belle-mère de moins de trente ans qui ne jure que par Instagram et Twitter, la jeune femme paumée en quête d'identité qui ne veut pas s'engager dans une relation, celle qui ment à sa mère sur sa vie parce qu'elle a peur d'affronter son jugement, la divorcée hystérique et jalouse... Et parmi toutes ces femmes, le papa célibataire, pour illustrer l'absence de la mère.

Ce sont toutes des mères imparfaites, mais aimantes. Le problème c'est que le propos du film tourne vite au slogan de la Manif pour tous. Rien ne remplace une maman, ni une belle-mère, ni une mère adoptive (hic), ni un père... Voilà qui va faire plaisir à une partie de la population - les familles recomposées en tête (hic) - qui offre son cœur et se dévoue corps et âme aux progénitures de leur compagnon... Le sacro-saint modèle de la famille "papa-maman-bébé" semble être le modèle traditionnel à préserver. Le second message est que malgré ses défauts, une maman reste une maman, avec une place privilégiée.

Malgré cette dose de bons sentiments, la sauce ne prend pas. On ne s'attache à aucun personnage ni à aucune histoire. Les hommes passent au second rôle dans toutes les familles, tantôt maladroits, tantôt incompétents. Et les situations rocambolesques peinent à nous faire simplement sourire. Pour la fête des mères, on vous conseille plutôt d'emmener votre mère en balade ou de lui apporter des fleurs, mais surtout pas d’aller au cinéma pour voir ce film. Il y a mille autres façons de dire à sa mère qu'on l'aime, et surtout pas en dénigrant toutes les autres femmes ou membres de la famille qui sont eux aussi très importants dans la construction d'un enfant.

Véronique LopesEnvoyer un message au rédacteur

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