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JONE SOMETIMES

Un film de Sara Fantova

Un beau (et court !) film à aller voir pour finir l'année en douceur

Synopsis du film

Pendant la semaine de fête de la Semana Grande à Bilbao, Jone tente de vivre avec insouciance ses 20 ans, alors que la maladie de Parkinson de son père s’intensifie petit à petit. Tiraillée entre sa vie de jeune adulte et sa famille, Jone est bientôt mise face à ses responsabilités lorsque son père lui demande de l’accompagner davantage dans les démarches dues à sa maladie…

Critique du film JONE SOMETIMES

Bilbao, pendant la Semana Grande. Une semaine de fête qui accapare toute la ville, durant laquelle l’insouciance est le maître mot, où l'on s'amuse entre amis, participe à la bonne humeur générale et fait des rencontres. Une semaine dont Jone (Olaia Aguayo, parfaite) voudrait bien profiter pleinement comme à son habitude. Cette année pourtant, son esprit est ailleurs. La santé de son père, atteint de la maladie de Parkinson, décline, et sa famille a besoin d'elle. Les vingt ans de Jone se rebellent contre ce passage express à l'âge adulte, elle qui a l'âge de sortir toute la nuit et de passer du temps avec une nouvelle amoureuse, mais pas déjà celui de s'occuper à temps plein de sa petite sœur et devenir la chauffeuse de son père.

Avec délicatesse et sans jamais mettre les pieds dans le plat, le film réussit à nous faire ressentir les questionnements incessants de Jone. Est-elle égoïste ? Doit-elle désormais passer tout son temps avec sa famille ? Comment trouver le juste milieu entre ses nouvelles responsabilités et sa vie privée ? La temporalité de la Semana Grande permet de montrer de manière efficace les contradictions de Jone, le joyeux chaos de la ville résonnant de manière métaphorique avec son propre chaos intérieur.

À cette tempête interne, se superpose la relation de Jone à son père, Aitor. Une relation pudique pleine de non-dits, que Jone décode à la lecture ponctuelle de vieux journaux de bords tenus par Aitor à la naissance de ses filles. Si Jone prend peur à l'idée de se retrouver face à de nouvelles responsabilités, Aitor, qui est désormais incapable d'étendre le linge ou de conduire jusqu'au magasin de bricolage, bouillonne honteusement de son état. Dans leur incapacité commune à exprimer leur ressenti, au risque de se blesser l'un l'autre, on retrouve avec émotion le caractère du père dans celui de sa fille. "Jone sometimes" parle avec subtilité du passage à l'âge adulte mais aussi des relations père/fille, un beau (et court !) film, à aller voir pour finir l'année en douceur.

Amande DionneEnvoyer un message au rédacteur

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