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JIGSAW

Le fan service ne suffit pas

John Kramer, alias « Le tueur au puzzle », est mort depuis plus de 10 ans. Pourtant, une série de meurtre ressemblant étrangement au siens terrorise la population. Le célèbre criminel serait-il revenu d’entre les morts ? Ou bien n’est-ce que l’œuvre d’un imitateur ? Une chose est sûre, un nouveau jeu a commencé…

Sept ans après "Saw3D" (la production n’allait pas faire la même erreur de titre que pour "Saw 6"), le tueur au puzzle revient pour un nouvel opus. La recette reste la même : des pièges pervers, une bonne dose d’hémoglobine et un twist pour clore le tout. Une recette largement éculée, mais il semble que pour les producteurs, tous les moyens soient bons pour continuer de surfer sur le succès des premiers épisodes.

Les pièges sont toujours aussi violents et pervers, l’enquête est toujours aussi complexe, mais après sept films, on connaît la chanson par cœur. Malgré une bonne dose de fan service, le film avance laborieusement. L’impression de déjà-vu est constante et la bonne dose de fan service qui nous est offerte ne parvient pas à remonter le niveau de l’ensemble. Certes il y a quelques moments jouissifs, comme l’arrivée de la fameuse marionnette sur son petit tricycle, mais les fans ne sont pas dupes. Il ne suffit pas de reprendre toutes les bonnes idées des épisodes précédents pour faire de "Jigsaw" un bon film. La production a même poussé le vice jusqu’à faire revenir Tobin Bell, l’iconique interprète de Jigsaw, mort devant nos yeux à la fin de l’épisode 3. À ce moment-là, on se dit que le film a touché le fond. Mais comme on pouvait s’y attendre, tout cela n’est qu’une supercherie scénaristique résolue de manière bien peu convaincante par un twist qui, sans être aussi mauvais que celui de "Saw 3D", reste tout de même assez pitoyable.

Tout cela donne l’impression que le film a été conçu à l’envers. On a d’abord cherché à caler toute une série d’éléments censés faire plaisir aux fans avant de les intégrer à une histoire ne tenant que très moyennement la route. Après le pitoyable twist de la fin du dernier épisode qui nous avait ramené le Dr. Gordon qu’on n’avait pas vu depuis le premier opus, on se disait que la saga ne pouvait pas faire pire. Pourtant, ce huitième opus nous laisse une étrange impression. On éprouve un certain plaisir à retrouver les origines de "Saw", mais on se dit aussi que tout cela est très artificiel et davantage motivé par des considérations financières que par l’ambition de faire un bon film. Car John Kramer nous est ramené au moyen d’un tour de passe-passe temporel indigne des épisodes 3 et 4 qui gérait à la perfection flash-backs et ellipses. On comprend tout cela au terme du traditionnel twist final qui clôt péniblement ce huitième épisode. Cette fin, même si elle a le mérite de ne pas faire revenir d’entre les morts un personnage oublié depuis longtemps, n’en est pas forcément meilleure. En résumé, sans commettre les monumentales erreurs de "Saw 3D", "Jigsaw" reste un long-métrage poussif, une pâle copie de ce que fut la saga, où les ficelles sont si grosses qu’on finit par ne voir plus qu’elles.

Adrien VerotEnvoyer un message au rédacteur

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