JEUNESSE (RETOUR AU PAYS)
Un troisième volet qui rabâche en partie le propos du premier
Synopsis du film
Dans les ateliers textiles de Zhili, les départs se font en masse à l’approche du Nouvel An, beaucoup de jeunes regagnant leurs contrées d’origine, aux quatre coins du pays, pour les fêtes ou pour d’autres raisons. Shi Wei et Fang Lingping rentre notamment pour se marier. Mais tous reviendront à Zhili pour travailler, le mari de cette dernière devant notamment la suivre dans les usines après la cérémonie…
Critique du film JEUNESSE (RETOUR AU PAYS)
Après "Jeunesse (le printemps)", passé par Cannes 2023 et consacré notamment à la persistance des histoires d'amour en milieu ouvrier, "Jeunesse (les tourments)" passé par Locarno 2024, se concentrant sur les problèmes des ateliers, "Jeunesse (retour au pays)" clôt la trilogie signée Wang Bing, sur les ateliers textiles de Zhili et les jeunes ouvriers et ouvrières qui la peuplent. Ce troisième volet se concentre cette fois-ci sur le rapport aux racines et aux familles, et parvient à créer le doute : ce « pays » dont il est question dans le titre est-il bien celui où chacun revient ponctuellement pour le Nouvel An, ou s’agit-il de ces ateliers où ils s'entassent et reviennent inlassablement malgré les patrons ou les clients trompeurs, et les problèmes d'argent, par pure nécessité. Le « pays » d'origine ne serait-il alors qu'une chimère, les ateliers absorbant tout semblant de vie, même les conjoints, pourtant de situation plus enviable ?
Malheureusement, Wang Bing traite ici longuement de sujets déjà abordés dans les deux précédents volets, ne sachant une nouvelle fois que réellement sélectionner dans ses montagnes de rush. Il faut près d’une heure de déboires, problèmes de fabrication ou d’argents (entre absence de paye, dépenses immédiates, jeu...), avant que l’on entre dans le vif du sujet : l’ailleurs et la migration aller-retour, elle aussi cela-dit déjà évoquée à la fin du premier volet. On se dit alors forcément que cet ensemble de près de dix heures que constituent les trois films, aurait été amplement plus intéressant si un véritable travail de montage et de structuration avait été réalisé, portant le tout à deux voire trois heures. A force de répétitions ou de scènes inutiles, Wang Bing (les très intéressants "Les Trois soeurs du Yunnan", "Madame Fang", "Argent amer"), donne l’impression comme pour les récents documentaires Frédérick Wiseman, de se reposer sur ses lauriers, se permettant comme seule audace des plans marquants de trains bondés, seule image qui reste finalement en tête à la sortie de la séance.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

